«J'ai la ferme conviction d'être celui qui est en mesure de rassembler tous les libéraux», affirme le neurochirurgien, qui a déjà son site Internet.
À l'été 2008, lorsqu'il démissionne de son poste, M. Couillard est accueilli à bras ouverts par le Fonds d'investissement en santé Persistence Capital Partners (PCP). La négociation de son nouvel emploi dans le secteur de la santé alors même qu'il était encore ministre et deux décrets adoptés en lien avec l'exploitation de cliniques privées ont soulevé des questions éthiques.
«Je ne me suis pas expliqué à l'époque et je le regrette, dit-il aujourd'hui. Je ne peux pas blâmer les médias. J'avais juste le goût de me retrouver seul. Rétrospectivement, j'aurais mieux fait de sortir, de donner des entrevues et de m'expliquer comme il faut.»
Le bureau du premier ministre et le conseil exécutif ont avalisé ses pourparlers avec PCP lorsqu'il préparait sa sortie, justifie-t-il. Aujourd'hui, en vertu du nouveau code d'éthique, un ministre dans la même situation devrait aviser le commissaire à la déontologie.
Et les décrets ont en fait ajouté des contraintes légales aux cliniques privées, dont celles dont PCP est actionnaire. «Il n'y a eu aucun bénéfice ou avantage, je le réaffirme», insiste M. Couillard.
Le candidat revient au PLQ pour y rester. Il promet que, même advenant une défaite à la chefferie devant Raymond Bachand ou Pierre Moreau, il briguera les suffrages à la prochaine élection.
Comme ses deux adversaires, M. Couillard souhaite un retour des débats au PLQ. En bout de course, il faut se rallier, mais les militants doivent aussi avoir «plus d'emprise sur les enjeux et les orientations» du partir.
M. Couillard, qui s'est lui aussi réclamé des «actions de Robert Bourassa», veut préserver la justice sociale et les services publics grâce à la création de richesse. Il souhaite aussi que le Québec s'épanouisse à l'intérieur de la fédération canadienne.
Le nouveau Colisée
L'ex-ministre responsable de la capitale nationale a été l'un des premiers élus libéraux à endosser le projet de nouvel amphithéâtre à Québec. Il dit avoir gardé un oeil intéressé sur le dossier. «J'ai aimé la façon dont tout cela s'est développé, affirme M. Couillard. Pour moi, avant que le contribuable mette de l'argent, il fallait que des partenaires privés s'impliquent. Ça s'est fait avec J'ai ma place, qui a montré la mobilisation régionale, puis avec Quebecor.»
M. Couillard était à l'époque député de Jean-Talon. Il refuse pour le moment d'élaborer sur la circonscription qu'il entend briguer à la prochaine élection. «La région de Québec a une place dans mon coeur, affirme-t-il. Mais je ne pense pas à ça. Faisons la course, nous verrons après la situation.»
Le PQ garde un oeil sur la course
Des ministres du Parti québécois ne cachent pas qu'ils ont un oeil sur la course à la direction dans laquelle sont engagés leurs principaux adversaires, les libéraux.
À son arrivée, en matinée, le ministre Pascal Bérubé (Tourisme) a commenté une sortie de la députée libérale Julie Boulet. Le député-ministre de Matane a relevé une entrevue radiophonique où celle-ci aurait déclaré «qu'elle voulait que le gouvernement dure le moins longtemps possible».
«Je pense que les gens qui sont dans la course libérale, les députés libéraux, les gens qui entouraient le Parti libéral du Québec s'ennuient du pouvoir, a commenté M. Bérubé. Ils vont tout faire pour y retourner.
«Je pense qu'ils n'ont pas compris le message de la population, envoyé le 4 septembre. La déclaration de Mme Boulet me démontre que, derrière ce rôle d'opposition, où ils disent avoir compris le message, ils ont envie de revenir le plus rapidement possible, quels que soient les moyens.»
Réjean Hébert, lui, a jugé que son prédécesseur à Santé et aux Services sociaux et maintenant candidat à la succession du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, a quitté le gouvernement de Jean Charest dans des circonstances «problématiques». En 2008. M. Couillard avait remis sa démission après avoir négocié un poste dans une firme spécialisée dans le domaine des cliniques médicales privées.
«Il y a un problème là», a commenté le Dr Hébert, sans pour autant affirmer que M. Couillard ne peut être en lice pour des raisons éthiques. «Je ne dis pas que cela le discrédite. Je dis qu'il y a un problème. J'espère qu'il s'expliquera. Il ne l'a jamais fait.» Michel Corbeil