Labeaume voit mal comment Tremblay «peut tenir»

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Commission Charbonneau
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Après plus de deux ans de refus, Jean Charest a institué le 19 octobre 2011 une commission d'enquête sur la construction au pouvoir restreint et qui ne pourra distribuer aucun blâme. Celle-ci sera présidée par la juge France Charbonneau. Le «ménage» tant attendu mettra-t-il fin à la controverse dans laquelle le gouvernement est plongé? »

(Québec) Régis Labeaume voit difficilement comment le maire de Montréal, Gérald Tremblay, peut «diriger une ville avec de telles allégations» de pourcentages perçus sur des contrats municipaux.

«Je ne dis pas que le maire de Montréal est coupable, mais je ne sais pas comment il peut tenir. Ça doit être insoutenable», a réagi le maire Régis Labeaume en point de presse avant la séance du conseil municipal, lundi soir. «Je ne voudrais pas être à sa place.»

M. Labeaume a qualifié «d'épouvantable» le témoignage de l'entrepreneur Lino Zambito, selon qui le parti du maire Tremblay, Union Montréal, toucherait 3 % de la valeur des contrats municipaux de construction.

M. Zambito a fait ces déclarations devant la commission Charbonneau lundi matin.

«Je ne sais pas comment on peut diriger une ville avec de telles allégations. Peut-être qu'elles sont toutes fausses, les allégations, mais en tout cas, c'est un peu difficile de penser qu'elles sont toutes fausses», a dit Régis Labeaume.

Le maire de Québec assure qu'une telle manoeuvre ne touche pas son administration.

«Pour ce qui est de notre parti, ça m'étonnerait ben gros!» a-t-il tranché.

Ce que la Ville peut toutefois redouter, reconnaît-il, est la «collusion extérieure». «Un système où les gens s'arrangeraient sur les prix, ça je ne peux pas vous le garantir. Mais je peux vous garantir qu'il n'y a pas de système de pourcentage. Je suis sûr à 98 %», a-t-il illustré.

Financement des partis

Selon Régis Labeaume, de telles déclarations «font mal à tout le monde» et ramènent la question des contributions privées aux partis politiques.

«Il va falloir absolument qu'on revoie le financement des partis politiques. On n'a pas besoin de tant d'argent», a-t-il estimé.

Le maire de Québec plaide donc de nouveau pour un financement entièrement public des formations politiques. En avril, il avait fait de même en réagissant à des rapports de vérification du ministère des Affaires municipales. Il avait alors affirmé que les contributions privées aux partis politiques «pourrissent le système».

«Quand on voit ça, on se dit que, dans le fond, peut-être que les gouvernements et les villes devraient financer les partis politiques. Ça coûterait moins cher que des commissions comme ils se payent là», a-t-il avancé.

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