La première ministre s'est aussi engagée à concevoir un «nouveau pacte fiscal» pour les villes et les municipalités.
Autant de mots et d'objectifs qu'ont souvent entendus les préfets et les maires québécois au fil des ans.
Le président de la FQM, Bernard Généreux, candidat péquiste malheureux dans la circonscription de Blainville, a prié Mme Marois de passer rapidement à l'action. «Donnez suite maintenant à votre engagement d'adopter une loi sur la décentralisation, qui nous amènera à être plus efficaces et plus productifs», lui a-t-il dit.
Il exige par ailleurs que les négociations entourant le renouvellement du «pacte fiscal» commencent sans plus tarder. L'actuel pacte vient à échéance en décembre 2013.
Les municipalités souhaitent, entre autres, toucher une part plus importante des redevances prélevées sur l'exploitation minière.
Elles veulent que la TVQ qu'elles paient sur leurs propres dépenses leur soit remboursée à 100 % (alors qu'elle l'est à hauteur de 80 % actuellement).
Le monde municipal a également dans sa mire les droits d'immatriculation payés par les automobilistes. Il aimerait bénéficier d'une partie de cet argent.
Le nouveau pacte fiscal, «il faut régler ça avant nos élections municipales» de novembre 2013, a fixé Bernard Généreux.
«C'est maintenant qu'il faut créer des conditions favorables à l'autonomie municipale. C'est maintenant qu'il nous faut des mesures pour diversifier les revenus des municipalités.»
Vague
Pour ce «premier contact», la première ministre est restée plutôt vague. Mais elle n'a pas refusé de mieux partager les redevances des ressources naturelles. «Nous devons les exploiter de façon responsable, de manière à maximiser les retombées que nous pouvons en retirer.»
Pauline Marois n'a pas accordé de point de presse à l'issue de son allocution, qui marquait l'ouverture du congrès de la FQM.
Dans son discours, elle n'a rien dit de l'engagement de son parti de limiter les mandats des maires des villes et des municipalités. Une promesse passablement décriée dans les milieux municipaux.
Elle n'a pas parlé non plus des déficits actuariels des fonds de retraite.
Plan Nord
Devant les mêmes délégués, le chef libéral par intérim, Jean-Marc Fournier, a insisté sur le fait qu'il faut «créer de la richesse pour contribuer au développement économique de nos régions».
Le Plan Nord du précédent gouvernement est une clé, selon lui. Il a déploré que Pauline Marois ait «choisi comme ministres économiques des activistes du gel et du moratoire».
Le député de la Coalition avenir Québec, André Spénard, élu dans Beauce-Nord, croit aussi que les ressources naturelles représentent une «opportunité».
Il a demandé au Parti québécois de ne pas prendre de décisions «dogmatiques». «Qu'il s'agisse du dossier de la centrale nucléaire Gentilly-2 ou de celui du gaz de schiste, le gouvernement péquiste doit corriger le tir», a-t-il dit. Il doit, selon lui, ouvrir le débat en commission parlementaire pour le premier et attendre la conclusion des études lancées à grands frais pour le second.
Trente et un des 54 élus du Parti québécois étaient dans la salle du Centre des congrès de Québec en même temps que leur chef. Voilà un signe que «nous souhaitons être à votre écoute et, à travers vous, à celle de tous les citoyens du Québec», a déclaré Pauline Marois aux membres de la FQM.