En entrevue avec le journaliste Richard Martineau à l'émission Les francs-tireurs à Télé-Québec, diffusée mercredi soir, M. Boisclair a affirmé qu'il avait eu des informations privilégiées, quelques années après la campagne électorale de 2007, selon lesquelles l'ADQ avait orchestré la fameuse charte. Il a dit détenir ces informations de proches de Mario Dumont.
«J'ai su, et là, j'engage ma parole et ce qu'on m'a dit, des gens près de Mario Dumont m'ont dit, à moi, plusieurs années après l'élection : "Tu sais très bien, André, que cette histoire-là, c'est une histoire commanditée par l'ADQ, payée et organisée par l'ADQ."
«Je revois encore cette personne me dire : "André, comment ça se fait qu'Hérouxville est arrivé peu de temps avant la campagne électorale?"»
Invité à préciser ses propos, M. Boisclair ne s'est pas défilé.
«Je dis que l'histoire d'Hérouxville, la gang qui est sortie et qui a écrit sa charte et ainsi de suite, a été payée et commanditée par l'Action démocratique du Québec. Et je pèse chacun des mots que je prononce ici aujourd'hui.»
«Ils ont callé la shot à la veille d'une campagne électorale, et je me suis fait dire par cette personne proche de Mario Dumont : "André, voyons, tu le savais"», a renchéri M. Boisclair, qui a confié que la controverse entourant Hérouxville est la seule fois où il a eu «un haut-le-coeur au sujet de la politique».
«Tout à fait farfelu»
Avant même que l'émission soit diffusée, mais après la parution d'un extrait de l'entrevue, Jean-Nicolas Gagné, ancien attaché de presse de Mario Dumont, a carrément nié les allégations de l'ancien leader péquiste.
«Pour moi et pour les gens à qui j'ai parlé aujourd'hui, c'est tout à fait farfelu et c'est fabulatoire», a-t-il lancé en entrevue à La Presse Canadienne.
«En aucun cas on n'a financé ou commandité, de quelconque façon, le code de vie d'Hérouxville. On n'avait aucun contact avec les gens d'Hérouxville, aucun contact avec le conseil municipal. Je discutais cet après-midi avec Mario Dumont et on avait de la difficulté à se rappeler si on a déjà connu quelqu'un à Hérouxville de toute façon. Il n'y a eu aucun contact avec ces gens-là, à aucun moment avant et même pas après la sortie du code de vie», a répété M. Gagné.
Celui-ci a dit espérer que M. Boisclair précise sa pensée, d'autant plus, note M. Gagné, que l'ADQ avait pris position sur l'épineuse question des accommodements raisonnables avant la publication du code de vie d'Hérouxville.
«Je ne vois pas comment il peut soutenir ça éternellement. D'après moi, il va devoir admettre qu'à la limite, c'est un malentendu, parce qu'en aucun moment on n'a eu un lien avec les gens d'Hérouxville. Ils ont fait ça de leur propre chef, et je pense même que M. [André] Drouin [ancien maire d'Hérouxville] le confirme sur différentes tribunes aujourd'hui. De plus, rappelez-vous qu'en 2007, au moment où est sorti le code de vie d'Hérouxville, l'ADQ s'était déjà positionnée dans le débat des accommodements raisonnables. Le positionnement de l'ADQ datait de 2006 et Hérouxville est venu après.»