À travers diverses entrevues, jeudi, la députée péquiste de Champlain a donné toute la mesure de sa colère contre la décision de laisser les élus de la Mauricie à l'écart du Conseil des ministres. Elle a prévenu qu'elle ne retournerait pas au caucus des députés péquistes tant qu'elle n'aurait pas obtenu un entretien avec Mme Marois à ce sujet.
«Je suis très fière du cabinet que j'ai formé et je crois qu'il est tout à fait habilité à assumer toutes les responsabilités que je lui ai confiées, y compris celle de répondre aux besoins de toutes les régions du Québec», a fait savoir la nouvelle première ministre, jeudi, en point de presse.
Elle a tenu à assurer que son gouvernement sera à l'écoute de toutes les régions du Québec. Bernard Drainville, député de Marie-Victorin, sur la Rive-Sud de Montréal, est le ministre responsable de la Mauricie. Mais malgré les critiques publiques de sa députée, Mme Marois assure que sa «porte lui sera toujours ouverte».
«Ça laisse un goût amer»
À l'émission de Mario Dumont, jeudi matin, Mme Champagne a parlé du «drame pratiquement que cause la décision de Mme Marois» en Mauricie. «Les gens sont déçus, les gens sont heurtés et les gens se sentent floués», a déclaré la députée de Champlain, qui estime pourtant «avoir livré la marchandise».
Il est «déplorable» que sa chef ait refusé à la région «l'honneur» de lui donner un ministre local, selon elle. «Ça laisse un goût amer et la perception qu'on se venge d'un manque d'électeurs qui ont donné des députés à Mme Marois», a poursuivi Mme Champagne, notant que sa chef avait tout en main pour corriger cette «méchante erreur».
Sans compter l'humiliation pour elle et son collègue Luc Trudel, dans Saint-Maurice, qui, «aux yeux de la population», passent pour «des gens qui ne son pas capables de faire le travail».
Pour sa part, M. Trudel comprend la frustration de Mme Champagne, mais «trouve malheureux qu'elle l'exprime de façon aussi claire devant la population». Selon lui, M. Drainville sera en mesure de faire avancer les dossiers de la région.
«Mme Marois a un défi drôlement important, a dit M. Trudel. Elle a une très courte période de temps pour commencer à livrer la marchandise. Elle a dû faire des choix parfois déchirants. Moi, je suis solidaire de ma chef et de mon caucus.»