Le 4 septembre, Jacques Marcotte a été élu député de Portneuf sous la bannière de la Coalition avenir Québec (CAQ). Lundi soir, il a officiellement démissionné de son poste en remettant une lettre au directeur général de la municipalité, Marcel Grenier.
Puisque le maire Marcotte quitte ses fonctions à plus d'un an des prochaines élections municipales, le 3 novembre 2013, la loi exige la tenue d'une élection partielle pour le remplacer.
Or, M. Grenier ne s'en cache pas, il n'est pas trop chaud à l'idée de voir sa ville embarquer dans une partielle qui «demande temps et énergie», alors qu'il faudra tout reprendre un an plus tard. «On se demande si le gouvernement ne pourrait pas, par décret, nous exempter de tenir cette élection», a-t-il indiqué au Soleil mardi.
C'est qu'au conseil de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, qui compte sept élus incluant le maire démissionnaire, le départ de ce nouveau député caquiste risque de créer un effet domino.
Des conseillers, assure M. Grenier, souhaiteront se porter candidats à la mairie. Or, si un conseiller est candidat, il doit démissionner, dit-il. «S'il y en a trois intéressés et le maire qui a démissionné, on perd le quorum», analyse le dg de la municipalité de 6300 personnes. Une situation qui fragilisera le conseil municipal surtout en cette période prébudgétaire.
«C'est la loi, on va la respecter, mais ça fait un peu bizarre», a laissé tomber celui qui est employé de la municipalité depuis38 ans.
D'autres villes
Les réticences de M. Grenier sont aussi partagées à la Ville de Québec, où l'élection de la conseillère Denise Trudel, élue pour la CAQ dans Charlesbourg, obligera une partielle.
Au cabinet du maire, on trouve cette élection coûteuse, surtout dans le contexte où la Ville réduira le nombre d'élus pour les élections de novembre 2013.
«C'est certain que si on pouvait faire l'économie de 150 000 $ pour les contribuables, ce serait plus simple», estime l'attaché de presse de Régis Labeaume, Paul-Christian Nolin. Du même souffle, il reconnaît qu'en faisant une demande formelle, la Ville pourrait avoir l'air de vouloir se soustraire au processus démocratique.
Au ministère des Affaires municipales, la porte-parole Émilie Lord est ferme : la loi doit être respectée. «On est à plus d'un an des élections municipales. La loi est faite comme ça, il faut mettre une date à un moment donné», a-t-elle tranché.
Les villes de Rosemère, de Saint-Eustache, de Lambton, d'Escuminac et de Saint-Félix-d'Otis ont aussi vu de l'un de leurs élus municipaux devenir député le 4 septembre.