Joint par téléphone lundi après-midi, le médecin s'est montré faussement surpris d'être contacté par les médias pour connaître son intérêt pour le poste laissé vacant jeudi dernier par Jean Charest après sa défaite électorale. «Moi qui étais si tranquille et si heureux», laisse tomber à la blague M. Couillard.
«Ma réponse est loin d'être acquise et j'aimerais garder un espace de confidentialité et un espace privé pour aborder cette situation-là», renchérit-il rapidement. «Actuellement, je suis heureux de ce que je fais et de la façon dont je vis. Mais c'est une situation qui est quand même sérieuse et il faut l'aborder de façon sérieuse», ajoute le neurochirurgien de métier.
Ce dernier juge cependant important de préciser qu'il ne penche pas plus du côté du oui que de celui du non. M. Couillard dit également poursuivre ses activités professionnelles normalement, bien qu'il prenne la peine de discuter avec ceux qui l'appellent pour connaître son avis sur la succession de l'ancien premier ministre au PLQ, une «institution importante au Québec», ajoute-t-il.
Plusieurs députés intéressés
Plusieurs députés libéraux seraient aussi tentés de participer à la course à la direction du PLQ, dont Pierre Moreau, Yves Bolduc, Lise Thériault, Sam Hamad et Pierre Paradis.
Depuis sa démission comme député de Jean-Talon et ministre de la Santé en juin 2008, Philippe Couillard n'a pas chômé. Celui qui a été élu pour la première fois dans Mont-Royal en 2003 soutient d'ailleurs qu'au contraire de la croyance populaire, il occupe «sept ou huit métiers».
Son passage dans le privé en août 2008 à titre de conseiller stratégique pour le Fonds d'investissement Persistence Capital Partners a notamment fait couler beaucoup d'encre en raison du délai très court entre ses fonctions ministérielles et celles d'homme d'affaires. Il a aussi joint Secor en 2011, mais depuis juillet dernier, date où le cabinet-conseil a fusionné avec le cabinet d'audit KPMG, il est devenu consultant à titre personnel.
En juin 2010, il a été nommé pour cinq ans au Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS) du gouvernement canadien, qui se veut le chien de garde du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS). En novembre dernier, plusieurs médias avaient soulevé la soi-disant incompatibilité de cette fonction avec celle de conseiller pour le ministère de la Santé de l'Arabie Saoudite, qu'il occupe depuis 2009.
Nombreux chapeaux
Mais Philippe Couillard balaie cette accusation du revers de la main et assure, comme il l'a fait à l'époque, qu'il peut porter ces deux chapeaux sans problème. «Participer à des discussions trois jours par année sur des réformes du système de santé et ce que je fais au comité, cela a été bien étudié, il n'y a pas de problème. Ce n'est pas comme si j'étais employé permanent», se défend-il au sujet de ses liens avec ce pays du Moyen-Orient.
Le médecin spécialiste, qui habite présentement à Saint-Félicien, au Lac-Saint-Jean, est aussi membre du conseil d'administration de deux sociétés de biotechnologie, Amorfix Life Sciences et Thallion Pharmaceuticals, et président de la Fondation canadienne de recherche en santé et du Regroupement des soins de santé personnalisés. Il a enseigné à l'Université McGill de janvier 2009 à décembre 2011 et dit toujours conserver des liens avec l'établissement d'enseignement.
«Ce que j'essaie, c'est de rester heureux et de faire des choses stimulantes», répète M. Couillard après l'énumération de ses occupations professionnelles. Il conclut en ajoutant qu'il ne dira rien de plus sur ses intentions et qu'il commentera davantage en temps et lieu.
La course lancée sur Facebook
Des groupes «non officiels» d'appui à d'éventuels candidats à la succession de Jean Charest ont fait leur apparition sur Facebook. Sam Hamad et Raymond Bachand ont chacun le leur. C'est aussi le cas pour Mario Dumont, qui a clairement fait savoir lundi que le poste ne l'intéresse pas.
Lundi, l'exécutif du Parti libéral du Québec s'est réuni pour discuter des règles de la direction et d'une nomination pour un chef intérimaire. Le caucus des députés libéraux se réunira demain pour entendre la suggestion de l'exécutif. Le ministre sortant de la Justice, Jean-Marc Fournier, s'est positionné pour le poste. Lundi, La Presse a écrit qu'il serait le choix retenu.
Tout indique que M. Hamad sera sur les rangs. Selon nos informations, il sonde présentement ses appuis à l'intérieur et à l'extérieur du caucus. En entrevue à CHOI, la semaine dernière, il a vanté son expérience ministérielle et plaidé pour un PLQ plus «à droite». Les noms de Lise Thériault, Pierre Moreau, Yves Bolduc, Benoît Pelletier et Pierre Paradis circulent également. Simon Boivin