Jean Charest, politicien de profession

Au lendemain de sa défaite électorale, Jean Charest... (Le Soleil, Steve Deschênes)

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Au lendemain de sa défaite électorale, Jean Charest a remis sa démission dans un discours chargé d'émotion, particulièrement lorsqu'il a été question du soutien de sa famille. «Après 28 ans de service public, le temps est venu pour moi et ma famille de tourner une page», a-t-il déclaré.

Le Soleil, Steve Deschênes

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Le Québec en élections

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Le Québec en élections

Le premier ministre Jean Charest a mis un terme à son gouvernement le 1er août 2012, en déclenchant officiellement des élections générales pour le 4 septembre. »

(Québec) Au bout de son auriculaire droit, Jean Charest a dû se faire poser une tige de métal. Gracieuseté de la poignée de main d'un militant à l'enthousiasme débordant. Le métier de politicien professionnel n'est pas sans risque.

Né à Sherbrooke en 1958, M. Charest n'a que très peu pratiqué sa profession d'avocat en droit criminel. L'appel de la politique est arrivé assez tôt, lui qui a été président de l'école Montcalm en cinquième secondaire.

Dès l'âge de 26 ans, il est élu député dans Sherbrooke sous la bannière conservatrice. La fidélité des Sherbrookois ne lui a jamais fait défaut par la suite, du moins, jusqu'à mardi.

Jean Charest est devenu, à 28 ans, le plus jeune ministre à siéger à la Chambre des communes du Parlement d'Ottawa. Toutefois, deux ans plus tard, sa tentative de parler à un juge avant une décision l'a contraint à quitter le Conseil des ministres. Dès l'année suivante, il était de retour à la tête du ministère de l'Environnement.

«Capitaine canada»

Jean Charest a souvent été décrit comme un homme chaleureux, affable, mais difficile à saisir. Et qui ne se laisse pas facilement deviner. Il use de son humour et de son sens de la répartie comme d'une arme pour «connecter» avec les gens ou désamorcer les situations difficiles. Il est doté d'une excellente mémoire : sa capacité à absorber de l'information a toujours étonné son entourage. M. Charest a déjà confié avoir comme lecture de chevet L'art de la guerre, de Sun Tzu. Fin renard, son habileté politique et sa capacité à sentir le vent lui sont reconnues par ses adversaires.

En 1995, au moment de la campagne référendaire, Jean Charest est à 37 ans l'un des politiciens fédéraux les plus populaires au Québec. Il a remporté la direction du Parti progressiste-conservateur en 1993, une formation qui ne compte plus que deux députés deux ans plus tard. Surnommé «Capitaine Canada», M. Charest a livré plusieurs discours pour le camp du Non en brandissant un passeport canadien.

Il a fait le saut en politique provinciale trois ans plus tard. M. Charest était devenu le choix logique pour remplacer Daniel Johnson. Même s'il récolte la pluralité des voix, le nouveau chef libéral est confiné à l'opposition. Lucien Bouchard récolte plus de sièges. Après avoir fait l'apprentissage des dossiers du Québec, M. Charest est élu premier ministre en 2003. Il dirige alors un gouvernement majoritaire et rafle 76 sièges. Après un mandat mouvementé, il dirige ensuite pendant 19 mois le premier gouvernement minoritaire au Québec depuis des décennies. Fin 2008, M. Charest retrouve ses coudées franches en arrachant une nouvelle majorité et réussit l'exploit d'obtenir un troisième mandat d'affilée.

Père de trois enfants, Jean Charest est toujours apparu avec sa femme, Michèle Dionne, à ses côtés.

Adoré ou abhorré, il demeure l'un des politiciens les plus talentueux de sa génération. D'un océan à l'autre.

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