Quand Thomas Mulcair, chef de l'opposition à la Chambre des communes, s'est fait demander jeudi s'il avait l'intention de commenter le scrutin québécois, sa réponse a été claire.
«Pas pantoute», a-t-il dit simplement. Et encore? «Comme tous les Québécois, je suis ce qui se passe durant la campagne», a indiqué le chef néo-démocrate.
En ce qui concerne la disparition d'une des quatre circonscriptions fédérales dans l'Est-du-Québec, comme le propose la Commission de délimitation des circonscriptions électorales, M. Mulcair entend faire la bataille avec les trois députés néo-démocrates et le député bloquiste, d'autant plus que les trois entités suggérées seraient les trois plus populeuses au Québec, en plus d'être caractérisées par un immense territoire.
«La Cour suprême permet des variations», souligne M. Mulcair en parlant des critères de population à respecter selon la Commission.
Sans expliciter sur le déploiement d'énergie qu'il entend consacrer à la lutte pour sauver les quatre circonscriptions, M. Mulcair a assuré qu'on «va se donner les moyens d'encourager les gens de la Gaspésie et espérer avoir un résultat qui tient compte de cette réalité régionale très importante».
Exploration pétrolière
Jeudi, le sujet sur lequel M. Mulcair s'est exprimé le plus spontanément a été l'exploration et l'exploitation pétrolière dans le golfe Saint-Laurent. Il a même invité la coordonnatrice de la Coalition Saint-Laurent, Danielle Giroux, à parler à sa table en point de presse, même si elle diffère d'opinion, puisqu'elle réclame un moratoire touchant les cinq provinces jouxtant la zone au coeur de l'intérêt des chercheurs d'hydrocarbures.
Mme Giroux a identifié une urgence sur laquelle le public peut intervenir à court terme, c'est-à-dire en réclamant que le gouvernement fédéral réintègre dans la Loi canadienne sur l'évaluation environnementale l'obligation d'évaluer les forages exploratoires et les levés sismiques.
Thomas Mulcair partage les craintes de Danielle Giroux, mais il ne veut pas aller aussi loin qu'un moratoire. Il parle plutôt de l'application «du principe de précaution», en ce sens que l'industriel doit faire la preuve qu'elle peut explorer et exploiter les hydrocarbures proprement.
«Je veux prendre Stephen Harper à ses paroles [...] Il veut montrer que cette exploitation peut se faire sur la base de la science, mais il congédie des scientifiques et muselle ceux qui restent», dit-il.