«Il est essentiel d'avoir une grande participation par tous les citoyens concernés sur le territoire. S'il y a peu d'appuis, on n'aura très certainement pas le poids politique suffisant pour faire reculer cette décision», selon François Lapointe, député de Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup.
La Commission de délimitation des circonscriptions électorales, qui tiendra des audiences publiques le 11 septembre à Gaspé, le 12 septembre à Matane et le 14 septembre à Rivière-du-Loup, a refusé de siéger à Rimouski et de reporter les audiences.
Jusqu'ici, 75 des 185 municipalités concernées ont donné leur appui aux quatre députés.
Les effets de cette refonte sont multiples, soutiennent les opposants. Il n'y aura plus qu'une circonscription pour représenter toute la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine. Jean-François Fortin, député de Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia, perdrait sa circonscription, l'une des quatre du Bloc québécois à la Chambre des communes. Il ne resterait plus que trois circonscriptions pour un territoire s'étendant de Montmagny aux Îles-de-la-Madeleine sur la rive sud. Un citoyen d'Escuminac en Gaspésie, par exemple, aurait comme député celui de Rimouski.
Jugement Carter
Les députés comptent utiliser le jugement Carter de la Cour suprême du Canada pour qui les critères démographiques et mathématiques ne sont pas les seuls à considérer dans une carte électorale.
«On a appris des leçons de la réforme de la carte électorale provinciale qui a scindé les MRC. Les élus de la MRC Rocher-Percé témoigneront devant la Commission. Au fédéral, ce sont de nouveaux commissaires, peut-être avec une meilleure ouverture. Le processus est moins politisé qu'au niveau provincial», a dit Philippe Toone, député de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. Les quatre circonscriptions actuelles respectent les limites des MRC et leur sentiment d'appartenance.
La circonscription représentée par Jean-François Fortin sort de la marge du plus ou moins 25% d'électeurs par rapport à la moyenne alors que celle de la Gaspésie est à la limite de ce critère mathématique. Les trois circonscriptions les plus populeuses au Québec se retrouveraient dans l'est de la province avec une moyenne de 111 000 personnes par circonscription électorale.
«On juge que la Commission est allée au-delà de son mandat. Sauf pour une circonscription sur 78 au Québec et les trois circonscriptions de l'Est, les autres se retrouvent dans un jeu de plus ou moins 10%. La Commission a projeté la démographie des circonscriptions sur 20 ans alors qu'il y a une révision de la carte tous les 10 ans», affirme le député de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, Guy Caron.
Les nouvelles circonscriptions se nommeraient Elzéar-Bernier, Rimouski et Gaspésie-Les-Îles-de-la-Madeleine.