Léo Bureau-Blouin dans la lignée des Landry, Duceppe et Charron

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, était... (La Presse, Ivanoh Demers)

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La chef du Parti québécois, Pauline Marois, était visiblement heureuse d'accueillir dans ses rangs le président sortant de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Léo Bureau-Blouin.

La Presse, Ivanoh Demers

Annie Mathieu
Le Soleil

(Québec) Léo Bureau-Blouin est loin d'être le premier leader étudiant à faire le saut en politique. L'ancien premier ministre du Québec Bernard Landry, la chef de l'opposition à la Ville de Montréal, Louise Harel, le député caquiste François Rebello et l'ex-chef bloquiste Gilles Duceppe ont tous milité pour améliorer le sort de leurs confrères sur les bancs d'école.

Mais l'exemple le plus frappant est celui de Claude Charron, cet ancien ministre péquiste et ex-journaliste qui, comme celui qui a présidé jusqu'à récemment la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), M. Bureau-Blouin, est passé rapidement d'une association étudiante à un parti politique.

«Lorsque la nouvelle est sortie, j'ai tout de suite pensé à Claude Charron, qui était, en 1968 et 1969, vice-président aux affaires internationales de l'Union générale des étudiants du Québec» (UGEQ), relate Mme Harel, qui oeuvrait à ses côtés pendant les mêmes années. «L'histoire se répète, M. Charron était aussi un formidable orateur», raconte la chef de Vision Montréal, qui était à l'époque vice-présidente de l'UGEQ, au sujet de celui qui est devenu député pour le Parti québécois (PQ) en 1970.

Les deux étudiants, avec notamment Gilles Duceppe, ont ainsi été impliqués dans le mouvement de grève étudiante des institutions d'enseignement postsecondaires en 1968. Mme Harel raconte avoir négocié la sortie de crise avec nul autre que Bernard Landry, alors conseiller du ministre de l'Éducation de l'époque.

Un tremplin?

Ce dernier avait lui-même participé, quelques années plus tôt, à la mise sur pied de l'UGEQ. Croit-il que l'engagement étudiant est un tremplin à la vie politique active? «Ce n'est pas tout à fait le mot, mais quand on est mobilisé pour des causes collectives, c'est sûr que ça pousse à s'engager au premier rang de l'action politique. [...] Ce n'est pas tant l'effet tremplin que celui de vocation collective», répond M. Landry, qui croit néanmoins que le destin se joue, pour de nombreux politiciens, «dès les études».

Pour Mme Harel, il ne fait nul doute que le militantisme étudiant prépare à celui de la politique active. «Ça donne une immense expérience, celle de l'exercice du pouvoir et de la gestion des médias», explique l'ancienne députée du PQ qui a quitté la scène politique provinciale au profit de la municipale en 2009.

«Cela m'a permis de prendre le pouls de la société», relate aussi celle qui a fait le tour du Québec pour la première fois avec l'UGEQ. Et en plus de permettre aux jeunes de «s'ouvrir» sur le monde qui les entoure, l'expérience des leaders étudiants, selon Louise Harel, leur donne un réseau de contacts extraordinaire. «J'ai 66 ans et il m'arrive encore de rencontrer des gens de l'époque», souligne-t-elle.

Parmi les autres leaders étudiants devenus politiciens, notons l'ancien chef du PQ André Boisclair, qui a été président de la Fédération des associations étudiantes collégiales du Québec en 1984 et en 1985. Le député de la Coalition avenir Québec (CAQ) François Rebello a de son côté été président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) entre 1994 et 1996.

L'âge importe peu, dit Alexandrine Latendresse

Pour la députée néo-démocrate dans Louis-Saint-Laurent, Alexandrine Latendresse, l'âge ne fait aucune différence lorsqu'un nouveau député est élu.

«Tous ceux qui se font élire pour la première fois partent au même point, peu importe leur âge et leur expérience», explique celle qui a été choisie au scrutin fédéral de mai 2011 par les citoyens de sa circonscription à l'âge de 27 ans. «Il n'y a pas de formation pour ça, il faut juste s'atteler à la tâche», ajoute celle qui croit que c'est une bonne nouvelle de voir un jeune de 20 ans comme Léo Bureau-Blouin s'impliquer en politique.

Elle rappelle par ailleurs que les 18-35 ans sont sous-représentés dans tous les ordres de gouvernement. Au Nouveau Parti démocratique, sur une centaine de députés, il n'y a qu'une vingtaine de jeunes, «alors qu'ils représentent environ 35 % de la population», souligne Mme Latendresse.

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