Marcel Blanchet a toujours eu à coeur la participation électorale. Pendant son mandat à la tête du DGE de 2000 à 2010, il a instauré plusieurs mesures pour faciliter la vie aux électeurs, comme le vote hors circonscription, qui sera implanté lors des prochaines élections. Quand Le Soleil lui a demandé, mercredi, quel serait selon lui le prochain pas à franchir, il a spontanément mentionné le vote par Internet.
«Quant à moi, il y a là une piste très intéressante qu'il faut continuer d'explorer. [...] J'espère que ce sera appliqué dans un avenir aussi proche que possible», rêve-t-il. Par ailleurs, ce n'est pas comme si le Québec devait «inventer la roue», puisqu'il serait possible de s'inspirer de ce qui se fait ailleurs.
En Estonie, par exemple, le vote par Internet a été instauré aux élections nationales de 2007. Depuis, le vote par Internet ne cesse d'augmenter en proportion du vote traditionnel et le petit pays balte a réussi à ramener la tendance de son taux de participation à la hausse.
Selon M. Blanchet, qui a déjà rencontré des membres du personnel électoral estonien à ce sujet, il ne s'agirait que d'adapter au Québec ce qui se fait là-bas. Mais si le Québec n'y est pas encore, c'est avant tout «une question de sécurité», d'après lui, dans le contexte où il est primordial que les électeurs aient une «confiance absolue au système électoral». Il faut ensuite développer une méthode fiable pour assurer la confidentialité et obtenir un consensus chez les élus. «Je pense qu'on n'est pas si loin de cet objectif-là.»
Proportionnelle
Dans une étude qu'il a remise à l'Assemblée nationale pendant son mandat, M. Blanchet avait déterminé un mode de scrutin mixte et développé une façon de l'adapter au Québec. Son modèle, explique-t-il, comprend 77 circonscriptions (au lieu de 125) telles qu'on les connaît, auxquelles on ajouterait un certain nombre de grandes régions dans lesquelles les partis présenteraient leurs listes de candidats, dont le nombre d'élus correspondrait au pourcentage de votes obtenus pour chaque liste (le scrutin proportionnel).
La Colombie-Britannique a tenté à deux reprises d'instaurer ce mode de scrutin. Mais par référendum, les citoyens l'ont rejeté. L'ex-DGE croit toutefois que cette réponse n'est que le reflet d'un manque d'information. Il regrette que les partis politiques accordent généralement peu d'importance au mode de scrutin, alors que, selon lui, la proportionnelle permettrait une meilleure représentativité. La proportionnelle a tendance à faire gonfler le taux de participation, mais seulement dans les premières années, a constaté M. Blanchet dans ses études.
Il favorisait aussi l'installation de bureaux de vote temporaires dans les cégeps et les universités. «On cherche désespérément depuis 10 ans à augmenter le taux de participation, alors pourquoi pas!» lance-t-il. Mais la mesure n'a pas fait consensus à l'Assemblée nationale puisque le Parti libéral s'y est opposé.