Selon nos sources, le PQ a effectué les premiers pas, récemment, auprès de Rosette Côté. Elle n'aurait fourni aucune réponse. Tout indique qu'elle n'en donnera pas avant le déclenchement des élections générales, ce que tous les observateurs prédisent pour le mois d'août.
La circonscription de Louis-Hébert, comme la plupart des autres dans la capitale, boude le Parti québécois depuis 2003. Signe d'un moral à la hausse au sein de la formation de Pauline Marois? Dans Louis-Hébert, un militant avance qu'un autre nom circule : celui de l'avocat André Joli-Coeur, souverainiste depuis toujours et candidat battu, en 2007.
Vendredi, il n'a pas été possible de s'entretenir avec M. Joli-Coeur et avec Mme Côté. D'après les informations obtenues, les démarches des péquistes seraient plus avancées pour celle-ci.
Si elle n'est très connue du grand public, Rosette Côté est une femme qui s'est fait remarquer dans le domaine politique. Comme enseignante et syndicaliste, elle a d'abord milité pour des mesures conciliant travail et famille, comme les congés de maternité.
Rosette Côté connaît bien les rouages de la politique. Elle a dirigé des cabinets de ministres lorsque Lucien Bouchard était aux affaires. Elle a d'ailleurs été une de ses conseillères.
«Un excellent choix»
Jean-François Lisée, qui a été stratège des premiers ministres Jacques Parizeau et Lucien Bouchard, a insisté : si la candidature de Mme Côté se matérialise, «ce sera un excellent choix (du PQ).
«Elle était conseillère pour toutes les questions sociales [auprès de M. Bouchard]. C'était quelqu'un qui n'avait pas froid aux yeux, qui s'engageait dans le débat. C'était franchement un pilier du cabinet.»
Elle a été nommée à la tête de la Commission de l'équité salariale, en 2002. Les travaux qu'elle a dirigés ont abouti, en 2006, sous le gouvernement libéral de Jean Charest, à des correctifs historiques du salaire de plus de 300 000 femmes.
En cours de route, Mme Côté y a été d'une sortie-choc pour démontrer que l'État n'avait d'autre choix que de payer : «L'équité salariale, ça ne se négocie pas.» Maintenant à la retraite, son nom apparaît, sur le portail électronique de l'ENAP, comme formatrice.
En fin de journée, Jean-François Lisée a rappelé Le Soleil pour confirmer sans donner davantage de détails qu'il était «tenté» de devenir candidat dans Rosemont, sur l'île de Montréal.
En 2000, il avait publié Sortie de secours. Il y préconisait de réaffirmer l'autonomie du Québec dans une série de domaines par un référendum. Sa thèse avait été officiellement rejetée par les ténors de la formation.
M. Lisée a convenu que la conjoncture au Québec et au sein même du Parti québécois se prête mieux à son intégration éventuelle à une équipe de candidats péquistes.
Bien qu'il ne «proposerait pas, aujourd'hui, Sortie de secours», il a convenu que «la gouvernance souverainiste, qui est controversée pour certains, mais qui a été adoptée par le parti, ouvre un corridor où ce genre de notions est possible. Il y a un corridor stratégique qui est plus ouvert.»