Le directeur des communications du PLQ, Michel Rochette, a confirmé, mardi matin, la réception de l'avertissement. Pour l'instant, la formation politique de Jean Charest n'a pas l'intention d'y donner suite.
Le litige est entre les mains des avocats, s'est contenté d'indiquer M. Rochette. Et l'offensive publicitaire se poursuivra, a-t-il dit.
La vidéo originale a été tournée par Guy Séguin, un photographe amateur qui dit avoir filmé la chef du PQ, le 2 juin, lors d'une manifestation de casseroles, à Lachute, puis avoir mis l'enregistrement sur les réseaux sociaux.
«Je trouve ça inacceptable qu'un parti politique utilise des images sans consentement afin de faire de la petite politique sur le dos de ses adversaires», a dit M. Séguin au Soleil, mardi matin.
M. Séguin dit avoir mis la vidéo sur sa page Facebook sans l'intention de présenter Pauline Marois sous un angle défavorable.
«En fait, la vidéo dure beaucoup plus longtemps. Ce que vous voyez, c'est une séquence qui a été trafiquée, ralentie, etc. Ce qu'on a dit de la maladresse de Mme Marois, c'est parce qu'on a pris un segment où elle venait de recevoir dans ses mains les deux petits éléments de casserole.»
Guy Séguin songe à poursuivre le PLQ. Il estime que les droits de la vidéo lui appartiennent même s'il l'a diffusée sur Facebook. M. Séguin assure qu'il n'est membre d'aucun parti et affirme avoir participé à la manifestation de casseroles simplement parce qu'il en a assez du gouvernement libéral.
Michel Rochette a nié que le PLQ a tiré la séquence d'un site Internet personnel. Selon lui, elle provient de la page Facebook que le Parti québécois a mise en ligne pour la campagne pour le scrutin complémentaire dans Argenteuil.
Pauline Marois est la «vedette» du dernier message que les libéraux diffusent, en vue des prochaines élections générales. La chef du Parti québécois y apparaît à l'écran, en noir et blanc et au ralenti, frappant deux couvercles de chaudrons, lors d'une marche à Lachute, où elle a fait élire Roland Richer comme député d'Argenteuil, à la mi-juin.
Aucun commentaire n'est entendu sur les images. De toute évidence, les stratèges libéraux veulent ancrer la perception que le premier ministre veut projeter de son adversaire qu'il n'a de cesse d'accuser d'avoir cédé aux pressions de la rue et des manifestants s'opposant à la hausse des droits de scolarité.
Le député péquiste Nicolas Girard ne s'est montré nullement surpris de ce qu'il appelle «une tactique libérale tout à fait prévisible. Depuis des mois, la stratégie [du chef libéral Jean] Charest, c'est de diviser les Québécois.
«L'autre message qu'il envoie à la population, a poursuivi l'élu de la circonscription de Gouin, c'est qu'il fait preuve de mépris à l'endroit du droit des familles québécoises qui ont frappé sur des casseroles contre la loi 78 s'attaquant à notre jeunesse et à nos droits et libertés.»
M. Girard s'est demandé si les stratèges libéraux n'ont pas violé la loi sur les droits d'auteur en se servant des images prises par le caméraman amateur. Chose certaine, a-t-il signalé, ce ne sont pas des organisateurs péquistes qui ont mis la vidéo sur le site Internet du PQ, mais de simples militants. Elle a été retirée, a-t-il souligné.
Réaction de la CSQ
La nouvelle publicité des libéraux sur Pauline Marois est un affront à tous ceux qui ont manifesté leur mécontentement ces derniers mois, a pour sa part soutenu le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Réjean Parent.
En point de presse, à Québec, à l'occasion du 40e congrès de la centrale, M. Parent a dénoncé la capsule du PLQ. Le leader syndical ne voit rien de drôle dans cette publicité.
En voulant ridiculiser Pauline Marois, les libéraux dénigrent tous les citoyens qui ont pris la rue depuis le printemps dernier pour manifester leur ras-le-bol des «politiques néolibérales» du gouvernement de Jean Charest, a fait valoir M. Parent.
Contrairement à ce que semblent penser les stratèges libéraux, les milliers de citoyens qui ont marché au rythme des tintements de casseroles «ne sont pas tous des cons», a ajouté M. Parent.
À son avis, la publicité libérale est une «manoeuvre désespérée» de Jean Charest pour s'accrocher au pouvoir. Le leader syndical, qui tirera sa révérence vendredi après neuf ans passés à la tête de la CSQ, a invité les Québécois à faire table rase aux prochaines élections en faveur d'un «autre modèle» de gouvernement.
Avec La Presse Canadienne