Un an plus tard, nos élus ont appris

Le chef de l'opposition, Thomas Mulcair, du NPD... (Photo La Presse Canadienne)

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Le chef de l'opposition, Thomas Mulcair, du NPD

Photo La Presse Canadienne

Raymond Giroux
Le Soleil

(Québec) Ils parlent de tout, absolument tout, les députés de la Chambre des communes, et ne décident pas toujours eux-mêmes de quoi ils parlent.

Mais ils ont appris les règles du jeu, compris les exigences de l'inéluctable ligne de parti, et fait peu à peu leurs marques. Un survol du travail parlementaire des députés de Québec et des régions avoisinantes confirme que ces élus ne font pas partie du mobilier.

Si un député sort du lot par le nombre de fois qu'il dit «merci», selon un comptage automatique des mots pour détecter le favori de tout un chacun, il ne faut surtout pas se fier aux apparences - ni aux chiffres.

Car si Denis Blanchette remercie ses collègues à tour de bras, aux Communes, ses interventions touchent maints sujets, autant locaux que nationaux.

Le député de Louis-Hébert s'est ainsi exprimé sur le pont de Québec, les artéfacts de Parcs Canada, la loi sur les droits d'auteurs, le droit à l'autodéfense, le libre-échange avec la Jordanie, et ainsi de suite.

La flopée de néo-démocrates élus à Québec et dans les régions le 2 mai dernier s'est présentée à Ottawa sans préparation. Le parti accusait une grave carence de personnel professionnel et les tâches essentielles, au départ, relevaient des anciens élus.

Les députés qui ont hérité de responsabilités particulières ont évidemment plus d'occasions d'intervenir, mais tout dépend aussi du programme législatif du gouvernement.

Responsable de la réforme démocratique, Alexandrine Latendresse s'est exprimée à de nombreuses reprises lors des débats sur la réforme de la carte électorale et sur celle du sénat. Par son intérêt pour les questions internationales, la députée de Louis-Saint-Laurent a aussi interrogé le gouvernement sur la crise en Syrie.

Son collègue de Manicouagan, Jonathan Genest-Jourdain, a lui aussi du pain sur la planche, par suite de l'incurie du ministre des Affaires autochtones, John Duncan, et du pauvre état des Premières Nations.

Il a même fait adopter par les parlementaires une motion sur le droit à l'éducation des enfants autochtones, son témoignage personnel, le 16 février dernier, ayant gommé toutes les objections possibles.

Pas surprenant que son mot favori, selon le compteur automatique, soit «communautés». Dans son cas précis, cela reflète parfaitement la réalité.

Le cas Gourde

Du côté conservateur, par contre, Jacques Gourde se retrouve dans une situation particulière. Seul élu du parti qui ne soit pas ministre, il doit accomplir à lui tout seul nombre de petites besognes pas toujours intéressantes.

D'où ses nombreuses interventions dans les 15 minutes quotidiennes réservées aux déclarations des députés qui contreviennent à l'objectif premier de cette période en théorie non partisane. Mais son parti en a décidé autrement.

M. Gourde aura cependant sa récompense demain, alors que Stephen Harper et une brochette de ministres fêteront la fête nationale, tout comme l'an dernier, dans son village de Saint-Narcisse. Il y attend 600 partisans.

Quant au seul bloquiste de la région, le Gaspésien Jean-François Fortin, il partage la question quotidienne de son parti avec ses trois collègues, mais n'est membre d'aucun comité, le Bloc n'étant pas officiellement reconnu. Son statut et son efficacité en souffrent.

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