TCE à Shannon : Ottawa garde la porte ouverte pour un appel

Le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay,... (Photothèque Le Soleil)

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Le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay, assure que le Ministère «continue à travailler étroitement avec les intervenants concernés» pour décontaminer la nappe phréatique.

Photothèque Le Soleil

(Québec) Le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay, n'écarte pas encore la possibilité d'en appeler du jugement rendu jeudi dans le recours collectif des citoyens de Shannon à propos de la contamination de la nappe phréatique par le trichloroéthylène (TCE).

Dans un message diffusé hier dans le site Web du ministère de la Défense nationale, M. MacKay rappelle les termes du jugement, qui prévoit une compensation financière forfaitaire allant jusqu'à 15 000$ aux adultes dont la résidence a été raccordée au réseau d'aqueduc de la municipalité de Shannon entre le 21 décembre 2000 et le 31 décembre 2001, soit environ 160 résidences.

Même si le juge Bernard Godbout a entériné la position du gouvernement, selon laquelle les preuves n'ont pas permis d'établir un lien de cause à effet entre les problèmes de santé allégués et l'exposition au TCE, le Ministère veut quand même prendre le temps d'«étudier la décision afin d'évaluer les prochaines étapes», conclut-il. De même, les avocats de la firme Charles Veilleux & associés, qui ont plaidé cette cause au nom des citoyens, n'ont pas encore fait connaître leur réaction. Ils prévoient informer les médias mardi.

De son côté, le maire de la municipalité, M. Clive Kiley, s'explique mal la décision du juge. «Je pense aux gens qui sont malades. J'ai toujours eu l'impression qu'il y avait beaucoup de cancers, du moins dans la zone du "triangle rouge". Je ne comprends pas non plus pourquoi le juge n'accorde des indemnités qu'à un si petit groupe de citoyens. Cela va créer de la division, parce qu'il y a plusieurs personnes qui se trouvent juste en dehors du territoire qui ont aussi perdu leur puits, qui ont aussi été inquiètes, mais elles n'ont rien, alors que leur voisin est indemnisé.»

Il rappelle par ailleurs que le Ministère, en acceptant d'assumer les coûts du réseau d'aqueduc, admettait sa responsabilité pour la contamination. «Ce que je déplore, c'est qu'ils ne nous ont jamais rien dit avant qu'on découvre nous-mêmes, par accident, qu'il y avait contamination.»

Tests de pompage

En ce qui concerne la décontamination, le ministre MacKay affirme que le Ministère «continue à travailler étroitement avec les intervenants concernés et les représentants municipaux locaux afin d'assurer une eau de qualité aux résidants de la garnison de Valcartier et ses environs».

La base de Valcartier annonçait d'ailleurs en début d'année qu'elle procédait à des tests de pompage visant à traiter l'eau contaminée pour la rejeter ensuite dans la rivière Jacques-Cartier. Si les essais se révèlent concluants, les opérations d'assainissement pourraient durer plus de 15 ans, indiquait le journal militaire Adsum.

Le regroupement des citoyens doute que la Défense nationale réussisse à assainir complètement la nappe phréatique et craint que les vapeurs du produit chimique continuent de s'échapper du sol.

Le TCE est un solvant utilisé pour le dégraissage des pièces métalliques.

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