À quelques semaines du probable déclenchement d'élections générales au Québec, la chef péquiste a confirmé au Soleil, hier, qu'elle ne portera plus le carré rouge, symbole de l'opposition à la hausse des droits de scolarité.
Sa décision est liée à l'imminence des élections, dont le déclenchement aurait lieu à la mi-août, selon les rumeurs et divers indices politiques.
Pauline Marois explique vouloir «rassembler» les Québécois autour du fleurdelisé, qu'elle porte en épinglette depuis lundi. «Un signe de rassemblement», insiste-t-elle.
Le carré rouge sera aussi décroché du site Internet du Parti québécois.
Les députés péquistes sont libres de continuer à le porter, mais la chef laisse entendre qu'elle serait ravie de les voir arborer le fleurdelisé.
Derrière la cause
Au cours de l'entretien, Pauline Marois a insisté pour dire que son parti continue d'appuyer la lutte des associations étudiantes: si le Parti québécois remporte les prochaines élections, la hausse décidée par le gouvernement de Jean Charest sera annulée, les droits de scolarité seront indexés (à l'indice d'inflation) et un grand sommet sur les universités sera convoqué.
Mme Marois nie que le fait qu'elle invoque elle-même la nécessité de «rassembler» les Québécois puisse suggérer que le carré rouge «divise», comme le premier ministre et des membres de son gouvernement l'ont affirmé.
«C'est M. Charest qui a divisé les Québécois», rétorque la chef du Parti québécois.
Argument électoral
Depuis quelque temps, plusieurs élus péquistes s'interrogeaient - toujours en sourdine - sur la pertinence de continuer à porter le carré rouge à la veille d'une probable campagne électorale.
Ils se demandaient si le morceau de tissu qu'ils affichent ne leur causerait pas davantage de difficultés dans l'opinion publique qu'il leur apporterait de bénéfice - ce qu'indiquent des sondages.
Pauline Marois et la plupart de ses députés ont affiché le carré rouge sans discontinuité à l'Assemblée nationale depuis le mois de mars, ainsi que dans des événements publics.
Début avril, le premier ministre Jean Charest a commencé à le relever et à le marteler jour après jour, jusqu'à laisser entendre qu'il ferait de cet élément un argument électoral.
«Je veux que les Québécois le sachent. Je veux que les Québécois sachent de quel côté elle s'est campée dans toute cette histoire», lançait déjà Jean Charest à ce moment-là. Ce jour-là, la question posée par Pauline Marois portait sur les soins aux personnes âgées.