Les dons aux partis politiques en chute libre

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La chute enregistrée en 2011 s'explique en partie par le fait que les nouvelles lois électorales ont abaissé le plafond des dons de 3000 $ à 1000 $ par individu et par année, croit Denis Dion, du bureau du DGEQ.

Jean-Marc Salvet
Le Soleil

(Québec) Les contributions des citoyens aux caisses électorales des partis politiques provinciaux ont chuté de 15 % en 2011, révèle l'un des documents publiés mardi par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ). Pour prendre la mesure de l'évolution en marche, notons qu'elles ont dégringolé de plus de moitié depuis 2007.

L'an dernier, les Québécois ont versé un total de 7,5 millions $ aux formations politiques québécoises, contre 8,8 millions $ en 2010. Mais la vraie chute est plus vertigineuse encore : le total des contributions s'était élevé à 16,3 millions $ il y a quatre ans à peine.

Les documents du DGEQ rappellent que très peu de Québécois contribuent aux caisses des partis - et qu'ils sont beaucoup moins nombreux qu'avant à le faire. En tout, 43 508 personnes ont donné l'an dernier, un chiffre en légère hausse par rapport à 2010 (853 de plus), mais en baisse de plus de 25 000 depuis seulement trois ans.

La valeur moyenne des dons n'a cessé de glisser aussi. Elle s'est établie à 173 $ l'an dernier, selon le document intitulé Statistiques sur les rapports financiers des partis politiques provinciaux et municipaux.

Pas moins riches...

La chute enregistrée en 2011 s'explique en partie par le fait que les nouvelles lois électorales ont abaissé le plafond des dons de 3000 $ à 1000 $ par individu et par année, croit Denis Dion, du bureau du DGEQ. Mais cette chute s'inscrit dans une tendance beaucoup plus lourde et générale, née des allégations de financement illégal des partis, et des soupçons pesant sur des contributions versées par des professionnels, qu'ils soient de firmes d'ingénieurs, de cabinets d'avocats ou d'entrepreneurs en construction.

Paradoxalement, les partis politiques québécois ne sont pas moins riches qu'ils l'étaient l'an dernier ou l'année précédente. En 2011, la baisse des dons a été compensée par la hausse - de 50 sous à 82 sous par vote - des allocations publiques versées chaque année par le DGEQ (basées sur les résultats électoraux des partis).

Le Parti libéral du Québec arrive encore en tête pour la valeur des dons recueillis l'an dernier. Elle s'est élevée à 3,7 millions $, contre 4,9 millions $ en 2010. Fait à souligner : elle était de 9,2 millions $ en 2008.

Le Parti québécois a engrangé 2,5 millions $, contre 5,8 millions$ trois ans plus tôt.

Avant de fermer ses livres, en novembre, l'Action démocratique n'a pu compter que sur un famélique 214 148 $, soit 3 millions $ de moins qu'en 2007.

Pour ses quelques semaines d'existence en 2011, la Coalition avenir Québec a reçu 468 000 $, légèrement plus que Québec solidaire pendant toute l'année.

Au chapitre du nombre de dons, c'est le Parti québécois qui mène la marche, bien que d'une courte tête. Il en a reçu 16 985, alors que le Parti libéral en a récolté 16 814.

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