Pauline Marois contre-attaque

La diffusion de la vidéo à saveur préélectorale... (Image tirée du site Web du PQ)

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La diffusion de la vidéo à saveur préélectorale du premier ministre Jean Charest, en début de semaine, a donné aux souhaits de Pauline Marois pour la fête nationale une allure de réplique.

Image tirée du site Web du PQ

Simon Boivin
Le Soleil

(Québec) Pauline Marois se donne des allures de première ministre, sans carré rouge, dans son message diffusé sur Internet deux jours après celui de Jean Charest, remarque un expert en communication politique.

La diffusion de la vidéo à saveur préélectorale du premier ministre, en début de semaine, a donné aux souhaits de Mme Marois pour la fête nationale une allure de réplique.

Contrairement à la mise en scène épurée de M. Charest, on voit Mme Marois s'asseoir derrière un bureau pour s'adresser à la caméra. La chef de l'opposition ouvre avec une allusion au conflit étudiant qui s'étire.

«Au cours des derniers mois, le Québec a vécu des événements exceptionnels qui nous ont bousculés, divisés entre les générations, jusque dans nos familles», souligne Mme Marois.

Sans s'attaquer nommément au gouvernement Charest, la chef péquiste enchaîne certaines justifications données pour la colère de la rue. «La population québécoise a soif de justice, de démocratie, dit-elle. Ils veulent des dirigeants intègres, qui ont une véritable vision à leur proposer.»

Elle dit vouloir bâtir une nation «fière» de son histoire, de sa culture, de sa langue, et fait deux allusions à son rêve de souveraineté. Mme Marois termine sur une allusion à des élections «à la fin de l'été». «Après ce bel été québécois, nous pourrons dire, avec les mots de Félix Leclerc, les fruits sont mûrs dans les vergers de mon pays», lance-t-elle.

Sans carré rouge

Mardi, aux communications du Parti libéral du Québec, on remarquait simplement que Mme Marois avait mis au rencart son carré rouge à la faveur d'une épingle fleurdelisée.

Chercheur principal au Groupe de recherche en communication politique de l'Université Laval, Thierry Giasson constate que tout a été mis en oeuvre pour donner à Mme Marois une stature de première ministre. «C'est un bel espace avec des meubles qui évoquent le bureau d'un chef d'État, remarque-t-il. On a vraiment voulu la présenter comme ça.»

Il se surprend que les gros plans soient utilisés à ce point. Une technique qui n'est pas toujours à l'avantage des politiciens, selon lui. «Là, on y va et on joue les gros plans et la proximité, dit M. Giasson. Elle regarde la caméra et parle aux gens. Le ton est positif.»

La vidéo ne nourrit pas l'image de femme riche et hautaine de laquelle Mme Marois s'évertue à se distancer. «Elle ne crie pas, note le chercheur. Elle est calme, posée, et elle a l'air sincère. Elle ne fait pas bourgeoise. On a atténué beaucoup l'apparence pour mettre en scène la fonction dans laquelle elle pourrait être. On veut déjà poser dans l'esprit des gens l'idée qu'elle pourrait être première ministre.»

La vidéo est diffusée sur YouTube.

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