En octobre, M. Gagné, le médaillé paralympique qui a aussi été candidat du Bloc québécois, a intenté une poursuite de 250 000 $ contre M. McKay et le PQ en alléguant que le député de L'Assomption avait porté atteinte à sa réputation. À la suite d'une entrevue accordée par M. Gagné au Soleil dans laquelle il qualifiait le PQ et le Bloc de «déconnectés», en juillet 2011, M. McKay avait répliqué sur Facebook et Twitter en le traitant de «traître» et de «déconnecté».
Or, dans sa défense déposée au dossier de la Cour supérieure, le PQ rappelle qu'il a refusé d'endosser les propos de son député, précisant qu'ils n'engageaient que lui-même. Le parti estime donc n'avoir commis aucune faute et, au demeurant, il considère comme grossièrement exagérés les dommages réclamés par M. Gagné.
Selon le procureur du PQ, celui-ci ne peut être poursuivi car il n'existe aucun lien de préposition entre un membre d'un parti politique et le parti lui-même. Il ne peut donc être tenu responsable des propos et des actes de chacun de ses membres.
Par ailleurs, le parti estime que M. Gagné est lui-même à l'origine des propos qu'il reproche au député McKay. Quelques mois après sa défaite aux élections, rappelle la défenderesse, il a déclaré au Soleil : «On dirait qu'un moment donné, les partis politiques se déconnectent un petit peu...»
À cette époque, rappelle le procureur du PQ, plusieurs députés du parti avaient démissionné en bloc, dans la foulée de l'adoption de la loi 204 sur les ententes de gestion du futur amphithéâtre de Québec, ce qui avait suscité un malaise au sein du parti. Pour celui-ci, il coule de source que les propos de M. Gagné publiés par Le Soleil allaient jeter de l'huile sur le feu. Quant à M. McKay, il aurait tout simplement réagi aux déclarations du demandeur. «Autant le demandeur avait utilisé sa liberté d'opinion et d'expression, autant le défendeur a utilisé la sienne en concluant que M. Gagné avait fait preuve d'un manque de loyauté envers les deux partis souverainistes pour lesquels il avait milité», écrit le procureur du PQ dans la défense du parti.
Selon celui-ci, les commentaires de son député n'ont eu aucune conséquence sur la carrière d'athlète de M. Gagné ni sur sa carrière politique. Ces commentaires n'avaient aucunement le but de lui nuire, conclut-on en demandant à la Cour supérieure de rejeter la requête du demandeur car elle serait mal fondée en fait et en droit.