La chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, a pris soin de saluer des députés ayant annoncé qu'ils ne solliciteront pas de nouveau mandat, parmi lesquels le libéral Daniel Bernard et ses collègues péquistes Danielle Doyer et Louise Beaudoin.
Dans le bilan qu'il a dressé de la session parlementaire, le premier ministre Jean Charest a soufflé le chaud et le froid sur le calendrier électoral. Il a affirmé que son gouvernement veut poursuivre son travail à l'automne et répété qu'un scrutin se tiendra «d'ici les 18 prochains mois».
Il s'en est beaucoup pris à Pauline Marois, en oubliant presque le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.
Pauline Marois «plie l'échine», a-t-il assené. «Ce n'est pas Mme Marois qui contrôle le Parti québécois, c'est le PQ qui contrôle Mme Marois. Elle a plié devant les extrémistes souverainistes de son parti» avec les référendums d'initiative populaire. Maintenant, «c'est l'extrême gauche qui prend le contrôle avec les gels et les moratoires».
Ce message, Jean Charest veut le marteler en campagne électorale. Notons que c'est l'un de ceux qui figuraient dans le PowerPoint projeté la semaine dernière au Palais Montcalm devant un parterre de libéraux.
Plus tôt cette semaine, le PQ avait mis la main sur un autre volet du document électronique, une fiche sur laquelle les péquistes sont associés au «référendum» et à «la rue»; et le Parti libéral du Québec, à l'économie et au Plan Nord.
Hier, en conférence de presse, Jean Charest a opiné que la page du PowerPoint obtenue par le PQ ne provient pas des rangs libéraux. Autour de lui, on soupçonne une personne ayant travaillé sur les lieux ce soir-là, mais on n'en a aucune preuve. D'autres demeurent convaincus que c'est bel et bien un libéral qui a «coulé» le document aux péquistes.
Climat social
Sur la grave et brutale dégradation du climat social au Québec, Jean Charest a affirmé qu'il ne voit pas ce qu'il aurait pu faire de différent pour dénouer le conflit avec les fédérations étudiantes.
«Si on avait eu des gens devant nous avec qui on aurait pu régler rapidement, on aurait réglé rapidement, a-t-il dit. Prenez l'inventaire des gestes du gouvernement, puis celui des concessions faites par les étudiants.»
Aucune reprise des discussions n'apparaît à l'horizon, ce qui alimente les rumeurs d'élections à la rentrée.
Charest veut rester
Élément à retenir: ce n'est pas seulement le bilan de la session débutée en février qu'a décrit le chef libéral; c'est celui entrepris par son gouvernement il y a plusieurs années.
Il a noté que le taux de chômage est passé de 9,2% à 7,8% depuis 2003. Il a souligné qu'avec 80 080 personnes de moins à l'aide sociale (toujours depuis 2003), le Québec affiche le plus faible nombre de prestataires depuis près de 35 ans. Il a insisté sur le fait que la croissance économique a été de 4,7% depuis 2008.
Au cours des 10 prochaines années, a-t-il dit à propos du Plan Nord, les Québécois bénéficieront de 4 milliards$ de redevances en provenance des compagnies minières. Des «lignes» pour une campagne électorale?
Jean Charest a assuré qu'il dirigera le Parti libéral du Québec au prochain scrutin général.