Échec en fin de session pour le gouvernement Charest

Le gouvernement libéral de Jean Charest se propose... (La Presse Canadienne)

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Le gouvernement libéral de Jean Charest se propose de revenir à la charge à l'automne, soit à la reprise des travaux parlementaires. À moins que des élections aient eu lieu d'ici là et qu'il perde le pouvoir.

La Presse Canadienne

Jean-Marc Salvet
Le Soleil

(Québec) Le gouvernement de Jean Charest conclut la session parlementaire par un échec politique.

Il doit laisser de côté trois pièces législatives qu'il juge majeures: celle instituant la Société du Plan Nord, celle sur «la mise en valeur des ressources minérales» ainsi que celle mettant en oeuvre une série de mesures contenues dans le budget présenté par Raymond Bachand en mars.

Ces trois projets de loi constituaient l'épine dorsale législative du gouvernement libéral depuis plusieurs mois.

Mais les élus péquistes, Martine Ouellet en tête, sont parvenus à leurs fins en bloquant le processus d'adoption.

Farouchement opposé au «Plan marketing du Nord», le Parti québécois s'en félicite; les libéraux le déplorent. Le Parti québécois (PQ) «paralyse le Québec par partisanerie politique», a laissé tomber le ministre des Finances, Raymond Bachand, hier.

Le gouvernement aurait pu recourir au «bâillon» législatif et forcer leur adoption s'il l'avait voulu. Mais on a jugé le coup trop controversé en haut lieu. Surtout dans l'actuel contexte de surchauffe sociale.

Le gouvernement a déjà recouru au bâillon le mois dernier pour adopter à toute vapeur la loi spéciale 78 encadrant les manifestations.

Pour Pauline Marois, ce n'est pas par scrupule que les libéraux n'ont pas imposé le bâillon. C'est parce qu'ils n'ont plus ni l'autorité politique ni la légitimité morale pour le faire, selon elle.

«Nous, on a fait notre travail. On ne va pas faire adopter des lois qui permettent de vendre nos ressources naturelles à rabais, qui ne prévoient ni transparence, ni projets de transformation ici», a déclaré la chef péquiste au Soleil. «Nos amendements étaient raisonnables et servaient les intérêts du Québec.» Le Parti québécois s'oppose depuis plus d'un an au Plan Nord.

Bureau de transition

Si le PQ s'est également opposé à la loi «omnibus» devant mettre en oeuvre certaines mesures budgétaires, c'est entre autres parce qu'elle touche aux ressources naturelles.

Raymond Bachand regrette que, ce faisant, des mesures qu'il estime populaires et nécessaires soient mises de côté. Il cite les nouveaux pouvoirs censés être conférés aux inspecteurs du ministère de la Santé en charge de la contrebande de tabac, ceux devant être octroyés à la Commission de la construction en matière d'évasion fiscale, ainsi qu'une bonification de l'aide aux victimes d'actes criminels.

Le gouvernement libéral se propose de revenir à la charge à l'automne, soit à la reprise des travaux parlementaires. À moins que des élections aient eu lieu d'ici là et qu'il perde le pouvoir.

En attendant, le ministre responsable des Ressources naturelles, Clément Gignac, a annoncé la création du Bureau de transition du Plan Nord. Il sera mis place afin de prendre en charge, à court terme, les mandats et les responsabilités qui seront éventuellement confiés à la Société du Plan Nord.

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