Charest accusé d'utiliser le conflit étudiant à des fins électorales

Lors de la période des questions, le leader... (La Presse Canadienne)

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Lors de la période des questions, le leader de l'opposition officielle, Stéphane Bédard, a brandi un document qui, a-t-il soutenu, a servi à M. Charest pour exposer son plan lors d'une réunion à huis clos la semaine dernière.

La Presse Canadienne

Jean-Marc Salvet
Le Soleil

(Québec) Pauline Marois accuse Jean Charest de laisser pourrir la situation sociale par «simple calcul électoral».

Elle en veut pour preuve un document du cabinet du premier ministre opposant la création d'emplois de «l'équipe libérale» au «référendum» et à «la rue» de la formation souverainiste.

Y a-t-il un espion péquiste chez les libéraux de Jean Charest? Ou un libéral fâché contre son chef?

Des questions comme celles-là se posent, puisque l'opposition officielle appuie son argumentaire sur une pièce documentaire gouvernementale qui devait demeurer confidentielle.

Cette fuite est une mauvaise nouvelle pour le premier ministre, a commenté le caquiste Éric Caire. «Si, dans ses propres troupes, on coule des documents comme ceux-là au Parti québécois, ça commence à sonner le glas pour le chef du Parti libéral. C'est du jamais-vu. Quand on parle de la solidité et de la solidarité de la famille libérale... Il y a des fissures dans les murs.»

Le document est tiré d'un PowerPoint projeté la semaine dernière au Palais Montcalm à un public composé strictement d'élus et d'attachés politiques libéraux.

On y lit la question suivante: «Qui est le plus compétent et présente la meilleure équipe pour gérer l'économie dans une période de très grande incertitude économique?»

Et les réponses suivantes: «Jean Charest et l'équipe libérale avec le Plan Nord et la création d'emplois?» ou «Pauline Marois et le PQ avec un référendum et la rue?»

Pour le péquiste Stéphane Bédard, la stratégie électorale du chef libéral est clairement «de diviser les Québécois et d'associer le Parti québécois au désordre».

«Ça prend du désordre. Ça prend des gens dans la rue parce que, s'il n'y a plus personne dans la rue, il n'y a plus de stratégie électorale.»

«Le régime libéral instrumentalise la crise à des fins partisanes», a renchéri la chef du Parti québécois. «Il a besoin que les Québécois soient dans la rue pour y opposer sa vision de la loi et de l'ordre.»

Exagération péquiste

Le premier ministre trouve caricaturale l'interprétation donnée par Pauline Marois.

Pour lui, cela dit, c'est un fait: «Pauline Marois, c'est la rue.» La chef de l'opposition officielle «porte le carré rouge, et pas uniquement le carré rouge. Elle a posé un geste qui est sans précédent dans l'histoire politique du Québec: elle a frappé des casseroles».

Mais «jamais, jure Jean Charest, il n'a été question d'exploiter une affaire comme ça. Il n'y a pas un premier ministre du Québec qui aurait souhaité ce qui nous est arrivé dans les derniers mois».

Le chef libéral s'est dit peu étonné que le Parti québécois «s'adonne à ce genre de tactique».

Il affirme que Pauline Marois «a agi de manière irresponsable en refusant de prendre une position de fond sur la question des droits de scolarité».

«S'il y a 25 étudiants qui disent: "On veut boycotter", puis il y en a cinq qui veulent étudier... Est-ce qu'elle est du côté de ceux qui utilisent l'intimidation et la violence pour les empêcher d'avoir accès à leurs salles de cours?»

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