Khadir, un «bourgeois sympathique à la cause», selon Mise en demeure

Le groupe Mise en demeure a réalisé un... (Photo La Presse Canadienne)

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Le groupe Mise en demeure a réalisé un pastiche du célèbre tableau d'Eugène Delacroix La liberté guidant le peuple, sur lequel un insurgé tenant un fusil est personnifié par M. Khadir, tandis qu'un autre personnage, gisant mort, l'est par Jean Charest.

Photo La Presse Canadienne

Jean-François Néron
Le Soleil

(Québec) Amir Khadir s'est retrouvé bien malgré lui sur la controversée affiche où on le voit armé avec, à ses pieds, Jean Charest, mort.

JS, saxophoniste de Mise en demeure, groupe musical anarchiste qui a réalisé le collage tant décrié, dit n'entretenir aucun lien avec le député de Québec solidaire.

«On ne le connaît pas. On ne lui a jamais fait parvenir l'affiche. Amir, c'est le bourgeois sympathique à la cause. C'est un clin d'oeil», raconte le musicien, soulignant que ce n'est qu'un des éléments contemporains ajoutés à la toile.

D'ailleurs, les quatre membres du groupe sont personnifiés dans cette parodie. La banane, Banarchiste - rien à voir avec Banane rebelle des manifs étudiantes - représente la liberté. L'homme au visage masqué fait aussi partie du band, tout comme celui représenté par un policier et l'homme mort gisant près d'un casque nazi.

Ouvertement anarchiste

Mise en demeure avoue ouvertement prêter foi à l'anarchisme politique. «On ne pense pas que le changement peut survenir à l'intérieur des institutions actuelles. Cependant, JS se défend de faire appel à la violence. On se demandait qui on pouvait mettre à terre [mort]. Qui représentait le pouvoir? C'était Jean Charest.»

Né de la grève étudiante en 2007 pour venir en aide à des personnes arrêtées, le groupe a développé un fort thème antipolicier. Matraque-moi, L'antiémeute arrive et Mon gun, c'est mon fun sont parmi ses titres de chansons.

Même si les paroles sont souvent très violentes, JS n'y voit pas plus d'incitation à la violence. «C'est un exutoire. On subit beaucoup de répression de la part de l'État et ça prend forme par la présence de la police, raconte-t-il pour justifier l'attaque en règle contre les forces de l'ordre. Nous célébrons la résistance. La violence est d'abord et avant tout étatique. On dit des choses qu'on ne peut pas dire. On profite du fait qu'on est des musiciens.»

Le chroniqueur du Journal de Montréal Richard Martineau ne le voit pas du même oeil. Il a fait parvenir une vraie mise en demeure au groupe pour une photo en lien avec leur second album sur laquelle on voyait des lettres de Scrabble former la phrase «Tuer Martineau».

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