Les spéculations politiques ne sont que ce qu'elles sont : des spéculations. Les députés libéraux s'y adonnent comme tous leurs collègues des autres partis - et comme à peu près tous les citoyens sur divers sujets - avec plus ou moins de sérieux, du moins jusqu'ici. Elles n'en sont pas moins révélatrices.
Les résultats de l'élection complémentaire dans Argenteuil, remportée par le Parti québécois à la surprise générale, semblent vouloir les relancer.
John Parisella et Pierre Marc Johnson: ces deux noms reviennent sans cesse depuis des mois. Et pas seulement des rangs libéraux. Aussi de la bouche de péquistes et de caquistes. Le monde politique québécois n'est pas si vaste.
Le nom du ministre Jean-Marc Fournier est toujours dans l'air, selon des députés. Celui de son collègue Pierre Moreau est apparu plus récemment.
Mais, paradoxalement, aucune de ces éventuelles candidatures ne paraît particulièrement porteuse, de l'avis même... de ceux qui les évoquent!
Ce qui, au fond, laisse la question de la succession du chef libéral sans vraie réponse jusqu'à présent. Étonnamment, c'est sans doute l'élément le plus révélateur, confie un interlocuteur du Soleil.
Ancien ministre du Parti québécois, Pierre Marc Johnson a brièvement été premier ministre du Québec en 1985. Il s'est éloigné du PQ au fil des ans pour devenir l'homme des grandes missions de Jean Charest - de l'enquête sur l'effondrement du pont de la Concorde aux délicates négociations portant sur la création d'une zone de libre-échange entre l'Europe et le Canada.
Intéressé ou pas?
On indique toutefois qu'il ne serait pas physiquement assez en forme pour affronter une campagne électorale. La vérité, aussi, est qu'il ne s'est jamais montré intéressé; qu'il ne paraît pas l'être.
John Parisella a travaillé au sein du cabinet de l'ancien premier ministre Robert Bourassa. Plus récemment, il a été délégué général du Québec à New York. C'est un libéral de toujours. Il a régulièrement conseillé Jean Charest.
Bémol: rien ne dit que John Parisella serait tenté par l'aventure.
Le ministre des Transports Pierre Moreau fait bonne figure dans les cercles libéraux. Il a de la verve, souligne-t-on. Certains chuchotent cependant que sa famille ne souhaite pas le voir occuper une fonction de premier plan.
Le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, a été l'objet de toutes sortes de rumeurs depuis son retour en politique, en septembre 2010. On lui a souvent prêté des ambitions de leadership. Il les a toujours niées.
Dans ces situations, personne ne montre jamais le bout de son nez tant que le chef n'a pas laissé savoir qu'il céderait sa place. Et rien n'indique que Jean Charest abandonnera la sienne pour déclencher une course à la direction de son parti.
Jusqu'ici, il a toujours insisté sur le fait qu'il serait sur la ligne de départ au prochain scrutin.
Au chapitre des spéculations, rappelons que des libéraux imaginaient Line Beauchamp comme une candidate possible à la succession de Jean Charest. C'était avant qu'elle démissionne de ses fonctions de vice-première ministre et de ministre de l'Éducation, à la mi-mai.
L'avenir est imprévisible et les circonstances, toujours changeantes.
À une autre époque, le nom de l'ancien ministre Philippe Couillard avait aussi circulé.
Celui de l'actuel ministre des Finances, Raymond Bachand, n'est plus tellement évoqué.