Des libéraux laissent planer le mystère sur leurs intentions électorales

Alors que Monique Gagnon-Tremblay, Norman MacMillan et Clément... (Photothèque Le Soleil)

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Alors que Monique Gagnon-Tremblay, Norman MacMillan et Clément Gignac n'ont pas terminé leur réflexion, Raymond Bachand (photo) dit qu'il restera et Julie Boulet laisse entendre le contraire.

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Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Les libéraux de Vimont ont leur candidat pour le prochain scrutin. Ce ne sera pas Vincent Auclair. Le député sortant ne se représente pas. Et il ne sera pas le seul de l'actuelle députation de Jean Charest à ne pas solliciter un autre mandat.

Si des élections devaient avoir lieu à la fin de l'été, en septembre, une bonne demi-douzaine - entre 6 et 10, selon leurs collègues et les stratèges du Parti libéral du Québec (PLQ) - laissent flotter le mystère sur leurs intentions de briguer les suffrages.

Deux cas sont certains. Dans Vimont, située sur l'île de Laval, l'aspirant à la succession de Vincent Auclair - Jean Rousselle, ex-président de la Fraternité des policiers de Laval - sera même désigné, le 19 juin, au lendemain de la fin de session parlementaire.

L'autre départ confirmé dans les rangs libéraux, c'est celui de Daniel Bernard. Lui aussi est en poste depuis près de 10 ans, dans Rouyn-Noranda-Témiscamingue.

Formation au pouvoir depuis 2003, le PLQ est confronté à la possibilité de voir plusieurs départs de politiciens qui ont traversé trois batailles électorales. Un des bruits qui circulent dans les rangs des libéraux, c'est que Jean Charest a fait pression pour que quelques vétérans demeurent dans les rangs.

Le contexte politique et la levée prochaine des travaux parlementaires pour l'été font en sorte qu'aucune confirmation de retraite n'est formulée. La présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, avait laissé entendre, cet hiver, qu'elle souhaitait vivre autre chose.

Depuis qu'elle a ajouté le titre de ministre de l'Éducation - et hérité de la retentissante crise sur les droits de scolarité -, elle n'en aurait plus parlé. Par contre, se défendant contre les attaques de l'opposition, jeudi, elle a fait allusion à ses 40 ans de carrière comme politicienne et gestionnaire. Certains la disent «fatiguée». Au Soleil, elle a fait savoir qu'elle ne fait «aucun commentaire» sur son avenir.

Il y a plusieurs semaines, Julie Boulet (Transports) a laissé entendre à des collègues qu'elle ne reviendrait pas. Elle l'a confié à des journalistes. Mais tout laisse croire qu'elle sera de la partie. S'il est un membre du cabinet qui a pu se faire demander de revenir, ce serait elle, affirment des libéraux. «C'est un comté [Laviolette] qui est fidèle à son député», fait remarquer un député libéral, en rappelant que le péquiste Jean-Pierre Jolivet y a régné 25 ans.

L'âge de l'incertitude

Plusieurs libéraux considèrent leur vétéran Yvon Vallières - élu la première fois en 1973 - comme un cas incertain. Le principal intéressé a fait savoir que «tant que la passion et la santé sont au rendez-vous», il sera de la partie. Mais ses collègues ne manquent pas de faire remarquer que la nouvelle carte électorale a amputé la moitié de sa circonscription, pour laquelle il a une solide machine... qu'il devra reconstruire.

Monique Gagnon-Tremblay (Relations internationales) est de celles qui laissent le mystère durer. À 72 ans, elle pourrait aspirer à s'investir ailleurs qu'à l'Assemblée nationale. Mais elle demeure le principal atout de Jean Charest pour remporter Saint-François. Au Soleil, elle a répondu que sa «réflexion» n'est pas terminée.

Pour certains politiciens, la décision repose sur plusieurs facteurs, alliant l'âge, la santé et le nombre d'années sur les banquettes du Salon rouge. Le ministre Norman MacMillan (Transports) est à ranger dans cette catégorie. S'il tient à préciser être rétabli de ses ennuis de santé, il concède qu'il réfléchit sur ce qu'il lui reste à faire en politique et les conséquences sur sa vie personnelle.

Cela pourrait être le cas pour le député Raymond Bernier (Montmorency). Le Soleil n'a pu s'entretenir avec ce dernier. Tout comme avec Yvon Marcoux. Le député de Vaudreuil avait été invité par Jean Charest à se représenter, lors du scrutin de 2007, mais plusieurs affirment qu'il avait été déçu de ne pas ravoir un poste de ministre.

Au fil des conversations de couloirs, certains ont tenu à affirmer qu'ils participeront à la prochaine bataille électorale. Raymond Bachand, l'influent ministre des Finances, a tenu à contredire ceux qui prédisent son départ. Il l'a dit à son chef, lors d'une conversation où Jean Charest n'a pas eu à faire pression, a-t-il fait transmettre. Plusieurs élus l'avaient déjà mis en garde de ne pas annoncer sa retraite. «Pas avant le dépôt d'un budget à déficit zéro!», a résumé l'un d'eux.

Clément Gignac (Ressources naturelles) attend pour prendre sa décision. Il réfléchit. Et même à se présenter dans une autre circonscription, peut-être dans la région de Québec.

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