«C'était vraiment un choc, car la première fois que je suis allé là-bas, c'était dans un avion militaire et nous avions atterri en descendant en tire-bouchon en raison de la menace qui était toujours présente», expliquait-il, de passage au Centre de la famille Valcartier pour l'hommage rendu à Gilles Lamontagne.
«Cette fois, je suis arrivé en habits civils sur un vol civil, j'ai eu tous mes bagages et c'était dans un avion afghan!» fait remarquer le général Natynczyk, qualifiant d'extraordinaires les progrès réalisés à Kaboul en 10 ans.
«Je sais qu'en même temps, il y a eu des attaques à Kandahar et dans l'est du pays, mais maintenant, la police afghane a vraiment le contrôle à Kaboul, les jeunes vont à l'école et il se construit des condos, des appartements, des maisons», poursuit-il.
Après avoir servi dans l'armée américaine en Irak, le général Natynczyk a été plongé dans le conflit afghan à son retour au Canada et a remplacé en 2008 le général Rick Hillier comme numéro un des Forces canadiennes.
Cette semaine, il a rencontré les quelque 920 militaires canadiens toujours présents en Afghanistan avec la Force internationale d'assistance et de sécurité depuis la fin des opérations de combat des Forces canadiennes au mois de décembre.
Reconstruction
«Ces militaires sont chargés de former les policiers et les soldats de l'armée afghane au centre d'entraînement de Kaboul. On y forme les fantassins, mais aussi les médecins de l'armée, les responsables des communications et d'autres spécialistes. Il reste du travail à faire, mais il y a déjà un bon bout de chemin de fait», poursuit-il, soulignant que les Forces canadiennes sont la deuxième armée en importance après l'armée des États-Unis au sein de la Force internationale d'assistance et de sécurité.
Par ailleurs, le général Natynczyk a souligné qu'après des années de combats en Afghanistan, les forces terrestres entraient présentement dans une période de reconstruction.
«N'oublions pas qu'il y a eu durant nos 10 années en Afghanistan environ 40 000 militaires qui ont été envoyés en mission là-bas. Pour les familles, la période actuelle est une période qu'ils apprécient. Cependant, je peux vous dire que nos jeunes soldats et ceux qui sont célibataires veulent déjà repartir en mission! C'est normal, car ils sont là pour l'aventure et pour servir leur pays», poursuit-il.
«Pour l'armée, cette période se veut aussi un moyen d'optimiser l'entraînement des troupes et de moderniser certains équipements», conclut le général.