L'élection complémentaire du 11 juin oubliée dans le tintamarre

La place de David Whissell (photo) dans la... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

La place de David Whissell (photo) dans la circonscription d'Argenteuil et celle de Tony Tomassi dans LaFontaine sont considérées comme des valeurs sûres pour le Parti libéral.

Photothèque Le Soleil

Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Le bruit des casseroles nous l'a fait oublier: dans une semaine, les électeurs d'Argenteuil et de LaFontaine iront aux urnes pour se redonner un député. Le libéral Jean Charest semble bien placé pour conserver les deux circonscriptions.

Lundi, les citoyens sont invités à remplacer deux démissionnaires. Dans LaFontaine, sur l'île de Montréal, Tony Tomassi a été poussé à la retraite politique à la suite d'accusations de fraude. Dans Argenteuil, David Whissell a évoqué des raisons familiales pour un départ teinté par la controverse en raison de la compagnie d'asphalte qu'il possède.

Les deux circonscriptions sont considérées comme des valeurs sûres pour le Parti libéral du Québec (PLQ). Argenteuil vote «rouge libéral» depuis 1966. LaFontaine n'a pas voté autrement depuis plus de 25 ans. Dans ce dernier cas, tout près de la moitié de la population n'est pas francophone, ce qui en fait une clientèle plus portée à jeter dans l'urne un suffrage favorable à la formation de Jean Charest.

Le politologue Réjean Pelletier, de l'Université Laval, est de ceux qui ne croient pas beaucoup en la possibilité d'un coup de théâtre, le 11 juin. Claude Ryan avait choisi Argenteuil pour son entrée en politique, en 1979, tant la circonscription semble acquise au PLQ, explique-t-il. Dans LaFontaine, l'importance de la minorité anglophone assure pratiquement l'élection du candidat Marc Tanguay, l'actuel président du PLQ.

Les scrutins complémentaires sont peu suivis par les médias nationaux. L'épreuve de force, qui dure depuis plus de trois mois entre le gouvernement Charest et les associations étudiantes opposées à la hausse des droits de scolarité, a réduit à rien le bruit provenant des élections de lundi.

Le professeur associé au Département de sciences politiques de l'Université Laval ne s'est pas rendu sur le terrain. Mais il ne croit pas que les incessantes manifestations dans les rues de Montréal y changeront quoi que ce soit. Argenteuil n'a pas de campus collégial sur son territoire et elle «n'a pas vécu la contestation sur place».

En fait, depuis plusieurs jours, confirment des organisateurs de Jean Charest, de «petits» groupes convergent, chaque soir, vers le local électoral de la libérale Lise Proulx pour un concert de casseroles. Mais nos interlocuteurs ne considèrent pas que cela désavantagera le PLQ.

Prédire le scrutin

Comme d'habitude, les stratèges des trois principales formations à l'Assemblée nationale affichent la plus grande prudence. Les libéraux affirment «prendre au sérieux» tous les adversaires, y compris dans LaFontaine. Ils rappellent la courte victoire de David Whissell, en 1998, par 148 voix.

Le PLQ admet que le bruit des manifestants a éclipsé les échos de la complémentaire. «Embêtant» de prédire l'impact sur les deux scrutins, affirme-t-on en glissant, comme le fait Jean Charest depuis des semaines, que Pauline Marois s'est positionnée en décidant de porter le carré rouge des étudiants protestataires.

Le Parti québécois de Pauline Marois se garde d'affirmer prétendre à une victoire surprise. Il se défend de faire de la bataille dans Argenteuil un étalon de mesure de la popularité de la chef et de ses prises de position dans la crise qui perdure.

Deuxième position

Tout en vantant la notoriété de son candidat dans Argenteuil (Claude Richer), le Parti québécois ne veut pas spéculer si une deuxième place devant la Coalition avenir Québec (CAQ) représente une victoire morale. Par contre, il n'hésite pas à dire que les citoyens rencontrés «sont tannés du pourrissement» de la situation sociale qu'aurait permis Jean Charest.

Le chef caquiste, François Legault, a surpris plusieurs de ses partisans en déclarant récemment que son porte-flambeau est en position de tête. Mario Laframboise est très connu - il a été 11 ans député fédéral pour le Bloc québécois. Les stratèges de la CAQ tiennent à abaisser la barre. La Coalition est une formation nouvelle, rappellent ses partisans.

«Notre défi est de nous faire connaître», alors que la crise étudiante accapare l'attention des médias. Malgré tout, la CAQ juge que «la réception est bonne» lorsque ses candidats font du porte-à-porte. Une deuxième place, devant le PQ, serait reçue comme une victoire, s'est fait dire Le Soleil. Même s'ils n'ont pas espoir d'un gain électoral, les caquistes disent constater un «ras-le-bol» par rapport au gouvernement Charest.

Il n'y a cependant pas ruée vers les boîtes de scrutin dans les deux circonscriptions. Le relevé pour les premières journées du vote par anticipation mentionne que 5,69 % des électeurs inscrits dans Argenteuil ont effectué leur devoir civique. Ce pourcentage n'est que de 3,56 % dans LaFontaine. Le vote par anticipation s'est terminé hier soir.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer