«Si le gouvernement [du Canada] accepte, je vais certainement visiter la ville de Québec pour discuter de ces enjeux», a soutenu jeudi le rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à la liberté de réunion et d'associations pacifiques, Maina Kiai, en entrevue du Kenya.
Dans un communiqué transmis mercredi, celui-ci se disait inquiet de l'adoption de la loi 78, qui restreint le droit de manifester dans la province et des quelque 700 arrestations dans la nuit du 23 au 24 mai à Montréal et à Québec. «Ces lois [...] restreignent le droit à la liberté d'associations pacifiques, un droit reconnu et ratifié par le Canada», a réitéré au téléphone M. Kiai.
«Urgent» d'intervenir
Celui-ci trouvait par ailleurs qu'il était «urgent» d'intervenir à ce sujet. Le rapporteur dit être entré en communication avec le gouvernement canadien par l'intermédiaire de la mission permanente du pays situé à Genève, mais que le contenu de ces discussions demeurait confidentiel pour l'instant.
Il précise néanmoins qu'il n'est pas en «guerre» contre Ottawa. «C'est un processus qui tente d'encourager et d'influencer des changements positifs pour le respect du droit international relatif aux droits de l'homme», a-t-il spécifié.
Même si les droits de la personne sont violés partout dans le monde, Maina Kiai dit être particulièrement déçu qu'ils le soient au Canada. «C'est décevant lorsque ce sont des démocraties qui ont été à l'avant-scène pour la promotion des droits de la personne à travers le monde. C'est également préoccupant, puisqu'on ne veut pas que d'autres pays copient ce mauvais exemple», a conclu le rapporteur.
À Ottawa, l'attaché de presse du ministre des Affaires étrangères, John Baird, rappelle que le Canada a un «système juridique solide qui permet aux citoyens de contester les lois adoptées par leurs parlements élus».
«Nous trouvons bizarre que des rapporteurs spéciaux des Nations Unies consacrent leurs maigres ressources à des pays comme le Canada plutôt qu'à des pays comme l'Iran et la Syrie, où les citoyens n'ont pratiquement aucun droit et subissent de graves violations des droits de la personne aux mains des régimes en place», a ajouté Joseph Lavoie, faisant ainsi écho aux propos tenus plus tôt jeudi par la ministre québécoise des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay.