Parcs Canada rappelle «l'obligation de loyauté» à ses employés de Québec

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La député de Québec Annick Papillon juge que la lettre de la direction de Parcs Canada est «inacceptable et grossier» et qu'il s'agit d'une tentative d'intimidation.

Photothèque Le Soleil, Laetitia Deconinck

Annie Mathieu
Le Soleil

(Québec) Le personnel de Parcs Canada à Québec a reçu la semaine dernière une lettre de la direction lui rappelant son «obligation de loyauté» en vertu de laquelle il ne doit pas critiquer publiquement le gouvernement conservateur. Ce rappel à l'ordre survient alors que 45 des 85 employés du Centre de services du Québec ont récemment appris que leur poste était aboli.

«Je suis conscient que durant cette période de transition, le concept de loyauté peut prendre une signification particulière. Cependant, à titre d'employé du secteur public, nous nous devons d'appuyer le gouvernement élu», peut-on lire dans la lettre datée du 24 mai et signée par le directeur du Centre, Marc Ampleman.

Il explique que dans le contexte actuel, il convient de rappeler aux employés leurs obligations en ce qui concerne l'expression publique par l'entremise des médias - y compris les médias sociaux -, d'assemblées ou d'autres forums, et ce, «notamment au sujet des mesures de rationalisation annoncées dans le dernier budget fédéral».

M. Ampleman explique qu'un manquement à ce devoir peut mener à des mesures disciplinaires.

Selon l'agent de communication et d'action politique québécois de l'Alliance de la fonction publique Patrick Leblanc, Ottawa muselle ses fonctionnaires.

«C'est inacceptable dans une société démocratique», s'exclame-t-il. «Ça veut dire qu'un employé ne peut pas se prononcer contre l'abolition des sous noirs, l'achat de F-35 ou l'assurance emploi», illustre M. Leblanc.

Code d'éthique

La députée de Québec Annick Papillon juge que le rappel de la direction du Centre de services du Québec est «inacceptable et grossier» et qu'il s'agit d'une tentative d'intimidation. Elle estime que les fonctionnaires devraient avoir le droit de s'exprimer tant et aussi longtemps qu'ils ne divulguent pas d'informations confidentielles liées à la nature de leur emploi.

Mais la conseillère en communication du Centre, Lise Rochette, explique dans un courriel qu'il n'y a rien d'inhabituel à ce que le Code d'éthique soit utilisé pour guider les employés dans différentes situations.

«Nous reconnaissons le droit à la liberté d'expression de nos employés. C'est pourquoi les principes se retrouvant dans le Code d'éthique de l'agence Parcs Canada font état d'éléments fondamentaux à considérer afin de prendre des décisions éclairées», écrit Mme Rochette.

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