Recours aux tribunaux par ceux qui défient la loi 78: un «paradoxe», estime Bachand

Simon Boivin
Le Soleil

(Québec) Le recours aux tribunaux par ceux qui défient la loi 78 et les injonctions constitue un «paradoxe» étudiant, estime le ministre Raymond Bachand.

Le dépôt de deux requêtes contre la loi spéciale par les associations étudiantes, notamment, n'est pas une surprise pour le gouvernement libéral. Plus tôt cette semaine, le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, s'attendait déjà à une attaque sur la constitutionnalité de la législation.

Hier, le titulaire du portefeuille des Finances, Raymond Bachand, a été l'un des seuls libéraux à commenter l'offensive juridique des leaders étudiants. Plus particulièrement la participation de la CLASSE, qui a ouvertement indiqué qu'elle défiera la loi 78.

«C'est intéressant que ça vienne entre autres d'une association qui se fout des décisions des tribunaux et qui [maintenant] s'adresse aux tribunaux, a remarqué le ministre Bachand à Radio-Canada. Un petit paradoxe. Les tribunaux décideront éventuellement.»

Pour la porte-parole du Parti québécois en matière de justice, Véronique Hivon, le gouvernement ne récolte que ce qu'il a semé. En empruntant les voies judiciaire et législative plutôt que politique pour régler le conflit, il a invité l'autre camp à faire de même.

«C'était écrit dans le ciel que ça allait être contesté», commente Mme Hivon. Pour elle, par contre, les délais du système judiciaire permettront à la loi de faire son effet avant un éventuel jugement défavorable, le cas échéant. Cela s'ajoute à toutes les raisons de trouver que «cette loi est ignoble».

Des élections pour «purifier l'air»

À la Coalition avenir Québec, le député Gérard Deltell laisse aux tribunaux le soin de faire leur travail. «Si un élu du peuple ne respecte pas les lois, comment les gens pourraient-ils le faire?» demande-t-il. Il réitère que la meilleure solution pour sortir le Québec de l'impasse est d'annoncer dès maintenant des élections à court terme. Question de «purifier l'air». «C'est rendu pour certains presque une activité de loisir de contester la loi 78, dit-il. C'est très grave. [...] Ça a pris 1000 jours pour avoir une commission d'enquête sur la construction. Il faut pas attendre un autre 1000 jours pour que le conflit se règle.»

À Québec solidaire, la co-porte-parole Françoise David constate une solidarité qui s'étend dans le mouvement de contestation. La loi 78, «avec ses abus de pouvoir et ses excès», a «galvanisé» de nombreuses couches de la population, selon elle.

«M. Charest a voulu écraser le mouvement, il lui a en fait donné un second souffle», commente Mme David.

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