La loi 78 ravive des souvenirs

La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec... (La Presse, Olivier Pontbriand)

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La Presse, Olivier Pontbriand

Ian Bussières
Le Soleil

(Québec) La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Régine Laurent, a vivement dénoncé hier la loi spéciale adoptée par le gouvernement Charest vendredi pour briser le mouvement de grève étudiante. Une loi qui rappelle de mauvais souvenirs à celle qui avait subi la loi spéciale de 1999 imposée aux infirmières en grève.

«Nous avions goûté à la loi 72 en 1999, ce qui me rappelle tellement de souvenirs douloureux. Je l'ai encore dans les tripes. Cependant, c'est aussi odieux ce que le gouvernement fait subir aux étudiants avec la loi 78. On les bâillonne, on brise leur liberté d'association. Cette loi, c'est un navet. Point à la ligne», a déclaré Mme Laurent en entrevue au Soleil.

En 1999, le premier ministre Lucien Bouchard avait forcé le retour au travail des infirmières avec une loi spéciale imposant des pénalités sévères aux grévistes et aux dirigeants syndicaux. «En tout et partout, ça nous a coûté entre 13 et 14 millions$. Notre syndicat n'existerait plus aujourd'hui si ce n'avait été de l'aide des autres syndicats d'infirmières du Canada», poursuit-elle.

«Maintenant, M. Charest décide de faire subir la même médecine aux étudiants. Au moins à l'époque, Lucien Bouchard, dans toute sa fermeté, avait toujours parlé lui-même aux représentants des infirmières, alors que M. Charest n'a pas rencontré les étudiants une seule fois», indique Mme Laurent.

Celle-ci ajoute que ce ne sont pas seulement les étudiants, mais toute la population qui est touchée par les limitations au droit de manifester contenues dans la loi spéciale. «Pour un syndicat comme le nôtre, qui n'a à peu près pas de droit de grève en raison de la Loi sur les services essentiels, c'est catastrophique. Les manifestations spontanées étaient l'un de nos seuls rapports de force et avec la loi 78, c'est terminé. On nous demande de prévoir notre colère huit heures à l'avance!» ironise-t-elle.

Pour illustrer son point de vue, la présidente de la FIQ donne l'exemple d'une politique du ministre de la Santé qui serait mal reçue par les infirmières en congrès à Québec. «Avec la nouvelle loi, je ne pourrais pas sortir spontanément le matin manifester avec mes 600 délégués. Également, les infirmières ne pourront plus quitter leur milieu de travail et sortir dehors spontanément lors d'un conflit qui survient avec la direction», conclut-elle.

Les «blancs»  plus inquiets

Robert Michaud, instigateur du mouvement des carrés blancs, des parents inquiets pour la sécurité de leurs enfants engagés dans le conflit étudiant, a déclaré hier que la loi spéciale adoptée par le gouvernement Charest avait eu pour effet d'augmenter son inquiétude. «Nous sommes particulièrement préoccupés par les dispositions de la loi qui touchent le droit d'association et le droit de manifester. En fait, nous sommes encore plus inquiets maintenant. En bons parents, on est un peu tristes et on se demande vraiment quoi faire en pensant à la suite des choses», a déclaré M. Michaud.

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