L'Assemblée nationale vote une motion pour le respect des injonctions

Alors que Pauline Marois demandait à François Legault... (La Presse Canadienne)

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Alors que Pauline Marois demandait à François Legault de ne pas «ajouter de l'huile sur le feu», celui-ci voulait que la chef du PQ demande un retour en classe des étudiants.

La Presse Canadienne

Jean-Marc Salvet
Le Soleil

(Québec) Grande première parlementaire: pour la première fois depuis le début du conflit étudiant, l'Assemblée nationale du Québec a voté pour une motion stipulant que «dans une société de droit les injonctions [des tribunaux] doivent être respectées».

La motion ne fait pas expressément référence au conflit étudiant, mais c'est tout comme. Elle a été présentée par la péquiste Véronique Hivon. «La règle de droit doit être respectée en tout temps en démocratie», a fait valoir l'élue de Joliette.

Le chef parlementaire de la Coalition avenir Québec, Gérard Deltell, trouve «dommage» que le Parti québécois ait refusé de préciser dans le libellé que cette motion, appuyée par son parti, concerne le conflit étudiant.

«C'est gênant de voir que des individus comme Laurent Proulx doivent s'adresser aux tribunaux pour pouvoir aller à l'école, a-t-il dit en parlant du fond de la question. Ça n'a pas de bon sens. Et c'est gênant de voir qu'il y en a qui condamnent l'utilisation des injonctions.»

Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, s'est évidemment réjoui de l'adoption du texte. «On doit se soumettre à la décision des tribunaux. Si chacun décide, à sa convenance, de ne pas respecter ce que les tribunaux décident, nous nous en allons dans une société de violence.»

Seul le député de Québec solidaire, Amir Khadir, a fait entendre sa dissidence. Il soutient que le «Parti libéral du Québec» a «instrumentalisé le système judiciaire». Le gouvernement a voulu donner préséance aux droits individuels au détriment des droits collectifs, selon lui.

Legault contre Marois

C'est la première fois que le Parti québécois et la Coalition avenir Québec trouvent un terrain d'entente depuis le début de cette crise. Hier matin encore, le chef caquiste, François Legault, a exhorté, en vain, la chef péquiste, Pauline Marois, à inviter tous les étudiants à retourner en classe.

«Tous les chefs de parti devraient appuyer tous les moyens nécessaires pour que les étudiants qui veulent retourner en classe puissent le faire. Je comprends qu'on n'est pas dans une situation idéale quand on force un retour en classe, mais, en même temps, quelle est l'alternative? Quel sera le prochain groupe qui va manifester au Québec, puis va forcer le gouvernement à reculer? Ce n'est pas aux manifestants radicaux à dicter l'ordre du jour.»

«M. Legault devrait faire un appel au calme plutôt que d'ajouter de l'huile sur le feu», a rétorqué Pauline Marois.

La chef péquiste fera «un appel au retour en classe» si le premier ministre «s'assoit avec les étudiants et trouve une solution à la sortie de crise».

«Il n'y aurait pas eu un tel conflit si j'avais été première ministre du Québec», a-t-elle assuré.

Rouge ou blanc?

Lundi soir, l'initiateur du «carré blanc», Robert Michaud, a écrit à tous les députés de l'Assemblée nationale pour les inviter à le porter afin d'éviter qu'ils aient, un jour ou l'autre, à épingler le «carré noir». Une référence au fait qu'un malheur pourrait survenir dans des échauffourées.

Des députés du Parti québécois ont pensé troquer le rouge pour le blanc. Mais ils arboraient à nouveau le symbole d'opposition à la hausse des droits de scolarité, mardi. Seule l'ancienne péquiste Lisette Lapointe s'est affichée avec le blanc.

Même là-dessus, Pauline Marois et François Legault se disputent. «Le carré blanc, pour moi, c'est la même chose que le carré rouge. C'est un moratoire», a exprimé M. Legault.

Pour Mme Marois, c'est au contraire «une initiative citoyenne fort intéressante».

Sur le fond du dossier, François Legault estime qu'«on ne peut pas permettre qu'on se promène avec des carrés rouges pour défendre les 40 % d'étudiants les plus riches au Québec et empêcher qu'on donne un chèque de 2300 $ aux familles les plus pauvres. C'est ça, le Québec qu'on souhaite? Voyons donc!»

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