«Les associations étudiantes ne font pas confiance aux élus du peuple», a soutenu Line Beauchamp en démissionnant, lundi.
Les leaders étudiants contestent son analyse. Mais le fait est que le point de vue de la ministre démissionnaire s'exprime de plus en plus souvent - bien que chaque fois dans des circonstances diverses et avec des angles d'attaque différents.
Au fond, c'est de démocratie que ces élus parlent, confie un responsable politique - la démocratie telle qu'ils la voient, eux.
Relisons ce que disaient les députés Louise Beaudoin et Pierre Curzi lorsqu'ils ont quitté le Parti québécois (PQ), en juin.
«On est rendus, je crois, à l'extrême [limite] de plusieurs institutions», avait déclaré Pierre Curzi. Il affirmait qu'il faut désormais tout remettre en question.
«Le temps est venu d'essayer de modifier ces institutions-là pour leur redonner leur crédibilité, leur redonner un véritable sens.»
Partisanerie qui aveugle
Pour Louise Beaudoin - revenue au PQ depuis -, la façon de faire de la politique, désormais, tue... la politique.
En juin, elle s'interrogeait sur «la partisanerie qui rend souvent aveugle, qui nous force à toujours être dans la certitude, jamais dans le doute».
La députée de Rosemont s'interrogeait sur l'éloignement allant sans cesse grandissant entre les élus et les citoyens, ainsi que sur cette grande incompréhension semblant s'être installée à demeure.
Ce qui était valable naguère ne l'est plus du tout, laissait-elle entendre. Ce qui fonctionnait ne fonctionne plus, écrivions-nous à ce moment-là pour traduire sa pensée.
Ces dernières semaines, la désormais ex-ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a cru nécessaire de rappeler que la «légitimité» était du côté des élus de l'Assemblée nationale - «Oui, mais elle n'est pas du côté du gouvernement», ajoutait le Parti québécois.
Prenant prétexte tantôt de gestes de désobéissance civile, tantôt d'actes de vandalisme, le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, a cru de son devoir de rappeler, récemment, que «l'évolution vers la démocratie est un long parcours historique, qui a fait passer graduellement les sociétés de la loi de la force à la force de la loi».
«On doit respecter la loi au Québec», a senti le besoin de répéter, lundi, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.
Des péquistes et des caquistes ont confié au Soleil qu'ils se demandent si nos sociétés n'arrivent pas au bout d'une logique dès lors que la confiance, d'un dossier à l'autre, s'effrite toujours plus.