Présidentielle française: Hollande gagne, Sarkozy songe à la retraite

En remportant l'élection présidentielle dimanche, François Hollande devient... (AFP)

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En remportant l'élection présidentielle dimanche, François Hollande devient le deuxième président socialiste de la Cinquième République.

AFP

Ian Bussières
Le Soleil

(Québec) Après une campagne où il a misé sur le changement, François Hollande est devenu dimanche le deuxième président socialiste de la Cinquième République en France en l'emportant avec une majorité de 51,7 % sur le président sortant Nicolas Sarkozy, qui a évoqué un possible retrait de la politique active après avoir concédé sa défaite.

«Beaucoup attendaient ce moment depuis de longues années. D'autres, plus jeunes, ne l'ont jamais connu», a lancé Hollande à ses partisans, réunis dans son fief de Tulle, pour faire référence au règne de François Mitterand. «Le changement que je vous propose, il doit être à la hauteur de la France. Il commence maintenant», a-t-il poursuivi avant de tendre la main à ses opposants.

«Aux électeurs qui ne m'ont pas accordé leur suffrage, qu'ils sachent bien que je respecte leurs convictions et que je serai le président de tous les Français. Il n'y a pas deux France qui se font face. Chacun dans la république sera traité à égalité de droits et de devoirs», a-t-il enchaîné, avant d'énumérer quelques-uns des défis auxquels il a l'intention de s'attaquer, notamment le redressement de la production pour sortir la France de la crise, la réduction du déficit, l'égalité entre les territoires et l'éducation.

Hollande a également insisté sur la justice et la jeunesse comme étant ses deux engagements majeurs. «Chacune de mes décisions se fondera sur ces critères. Est-ce juste et est-ce vraiment pour la jeunesse?» Il a également parlé d'un «rêve français» en référence au concept de rêve américain de l'historien James Truslow Adams. «J'ai évoqué le rêve français. Il s'appelle le progrès, la longue marche pour qu'à chaque génération, nous vivions mieux.»

Plus tard, à la Bastille, le nouveau président a encore évoqué la mémoire de François Mitterand. «Trente et un ans après, jour pour jour, ici à la Bastille, vous avez permis que la gauche ait donné un successeur à François Mitterand. Il y a 31 ans, c'était la même fierté, la même émotion», a-t-il lancé avant d'inviter la jeune génération à contribuer à la construction de la France.

Sarkozy, bon joueur

Il a aussi déclaré que sa victoire n'en était pas une de vengeance, de rejet, de rancune et de rancoeur, avant d'inviter les Français à lui donner une majorité lors des élections législatives qui auront lieu au mois de juin. «Je suis le président de la jeunesse de France, de toutes les fiertés de France. Je suis le président de la justice en France», a-t-il conclu.

Dans le discours où il reconnaissait sa défaite, Nicolas Sarkozy est apparu bon joueur, déclarant qu'il venait de téléphoner au vainqueur. «Je veux lui souhaiter bonne chance au milieu des épreuves. Il y a quelque chose de beaucoup plus grand que nous, et c'est notre pays, notre patrie, c'est la France», a déclaré celui qui n'aura finalement réalisé qu'un seul mandat à la présidence.

Sarkozy s'est aussi attribué la responsabilité de la défaite. «Je n'ai pas réussi à faire gagner mes valeurs. Je porte toute la responsabilité de cette défaite. Je me suis battu sur la valeur de responsabilité et je ne suis pas un homme qui ne prend pas ses responsabilités.»

Il a également évoqué un retrait de la vie politique. «Une autre époque s'ouvre. Dans cette nouvelle époque, je resterai l'un des vôtres, mais ma place ne pourra plus être la même après 35 ans de mandat politique, 10 ans de responsabilité gouvernementale au plus haut niveau et cinq ans à la tête de l'État.» Selon l'Agence France-Presse, le président sortant aurait déclaré à ses principaux ministres qu'il ne serait plus jamais candidat aux mêmes fonctions.

À la suite de cette victoire de la gauche, la plupart des médias européens ont souligné que l'accession de Hollande à la présidence devrait marquer un changement pour l'Europe par rapport à la crise de la dette. Quant à Laurent Fabius, premier ministre sous Mitterand de 1984 à 1986, il a qualifié la victoire de «grand moment d'émotion démocratique».

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