Le conseil général libéral assombri par la violence

Jean Charest s'est dit attristé par les personnes blessées, lors de la marche... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le Soleil, Patrice Laroche

Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Jean Charest s'est dit attristé par les personnes blessées, lors de la marche de protestation de vendredi, à Victoriaville. «La violence, c'est dangereux», a laissé tomber le ministre Robert Dutil. Lancer de boules de billard «peut tuer quelqu'un», a renchéri son collègue Yves Bolduc.

L'humeur des libéraux avait été déjà assombrie par les débordements qui se sont produits, lors de la démonstration pour contester la hausse des droits de scolarité, démonstration coïncidant avec le début du conseil général du Parti libéral du Québec. Les visages étaient encore plus longs lorsque, pendant quelques heures, des dépêches ont annoncé, hier, qu'un protestataire était entre la vie et la mort.

«Ça nous peine», a commencé par dire Jean Charest, interrogé en fin d'après-midi. «Je ne peux vous dire à quel point [ça nous attriste] quand les gens sont blessés.

«C'est un bien triste rappel que nous vivons en démocratie, mais que nous ne devons jamais prendre cela pour acquis. Ça nous rappelle à quel point c'est important de manifester dans le respect des lois. Quand nous avons des discussions, c'est important de le faire de façon pacifique, respectueuse.»

Le chef libéral s'est inquiété pour la santé du manifestant, mais aussi pour celle des membres de la Sûreté du Québec (SQ) qui ont été atteints par des projectiles. «On n'a pas besoin de cela, j'espère», en rappelant que la violence est contraire à la démocratie.

À son arrivée, ce matin, à Victoriaville, Yves Bolduc (Santé) a rappelé que le bilan de la marche, où un petit groupe s'est glissé pour lancer des projectiles sur les membres de la SQ, se traduit par des blessés dans les deux camps.

Les casseurs, et aucunement les forces policières, en sont les uniques responsables, a-t-il affirmé, à l'unisson avec les autres membres du cabinet de Jean Charest.

«Je ne suis pas sûr que ce sont tous des étudiants [les personnes qui ont fait du grabuge vendredi]. [Les coupables] sont des casseurs professionnels qui se font un devoir d'être agressifs, violents», a repris le député-ministre de Jean-Talon. «Ce sont des comportements inacceptables en démocratie.»

Il a absous les équipes de la SQ d'avoir contribué à l'escalade de gestes dans un événement où l'antiémeute a sorti ses matraques et lancé des gaz lacrymogènes dans la foule. «Nos policiers étaient là pour garder l'ordre, a repris le ministre Bolduc. [...] Rien ne peut justifier de tirer un bloc de béton, des morceaux d'asphalte, de gros morceaux. J'ai été coroner. Ça peut tuer quelqu'un.»

«La violence policière?» a réagi son collègue Laurent Lessard (Affaires municipales). «Vous êtes policiers et quelqu'un arrive avec un deux-par-quatre... Le pacifisme, ça ne ressemble pas tellement à ça. Ça ne peut pas faire en sorte que des gens arrivent avec des bâtons à des rassemblements.»

«C'est dangereux»

Le ministre Dutil (Sécurité publique) a défendu les forces policières. Elles «ont le droit d'utiliser la force nécessaire pour [maintenir] l'ordre», a-t-il tranché. «La violence n'a pas sa place, et c'est dangereux, la violence.»

Les actes de violence sont condamnables, a laissé tomber Marguerite Blais (Aînés). Elle a glissé qu'elle n'est pas totalement surprise de voir les débordements atteindre une telle intensité. «Ça se passe un peu partout à travers le monde. Quand on regarde la télévision, on en voit partout [des images d'émeute]. J'espère que ça ne donne pas des idées.»

Plusieurs ont fait allusion aux négociations qui se sont déroulées toute la nuit entre, d'une part, la ministre de l'Éducation Line Beauchamp et, d'autre part, les leaders étudiants, des porte-parole de syndicats et des dirigeants des réseaux universitaire et collégial.

Marguerite Blais a refusé net de répondre à une journaliste lui demandant si la crise qui s'est éternisée a fermé complètement la «fenêtre» pour déclencher des élections générales, au printemps. Elle n'a voulu parler que «de cette belle fenêtre qui se passe actuellement à Québec [...] pour trouver une porte de sortie».

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