C'est par voie de communiqué de presse, jeudi, que Tony Tomassi a annoncé qu'il quittait son poste de député. Chez les partis d'opposition, on s'étonne qu'il ait pu le conserver pendant 24 mois sans accomplir la moindre fonction parlementaire.
Sa démission constitue un «aveu de culpabilité», a affirmé le député de la Coalition avenir Québec, Éric Caire. Sur le plan parlementaire, Tony Tomassi était en contravention de l'article 35 du code d'éthique auquel sont soumis les élus, estime-t-il.
M. Caire déplore «qu'il ait attendu aussi longtemps et qu'il ait profité indûment de ses privilèges de député». La Coalition avenir Québec avait porté plainte contre lui, vendredi, auprès du commissaire à l'éthique, Jacques St-Laurent.
L'article 35 stipule qu'un élu de l'Assemblée nationale ne peut être absent pendant une période déraisonnable sans justification valable.
S'il le juge en infraction, le commissaire à l'éthique pourrait lui réclamer le remboursement de son salaire annuel de base de 86 242$, et le contraindre à rembourser toutes les autres indemnités qu'il a touchées pendant son absence.
L'ancien ministre de la Famille était plongé au coeur d'une tourmente politico-financière depuis des mois lorsqu'il a été congédié par son chef Jean Charest, à la fois du Conseil des ministres et du groupe parlementaire libéral.
Il a été expulsé parce qu'il a eu en sa possession une carte de crédit émise par une compagnie pétrolière, carte qui était payée par l'agence de sécurité BCIA.
«Comme premier ministre et chef du gouvernement, je ne peux accepter une telle situation», avait déclaré Jean Charest. Il avait demandé à la Sûreté du Québec de «faire la lumière sur les faits» allégués.
L'ancien ministre a été inculpé de fraude envers le gouvernement du Québec et d'abus de confiance, l'automne dernier.
La firme BCIA, à qui appartenait la carte de crédit, était dirigée par Luigi Coretti, un grand ami de M. Tomassi. Selon les faits rapportés à l'époque, l'agence de sécurité remboursait les dépenses en essence qu'engageait le député de LaFontaine dans le cadre de ses fonctions d'élu du Parlement québécois.
Pour le Parti québécois, il est clair que Tony Tomassi n'aurait jamais accédé au Conseil des ministres si son père, Donato, n'avait pas été un important bailleur de fonds du Parti libéral du Québec. Comment Jean Charest a-t-il pu le nommer au Conseil des ministres? a déjà demandé le péquiste Nicolas Girard en entrevue au Soleil. «Est-ce que ç'a un lien avec le fait que M. Tomassi [père] était un grand collecteur du Parti libéral?»
Responsable du dossier de la famille au Parti québécois lorsque Tony Tomassi était ministre, Nicolas Girard a souvent noté que «plus de 3000 places ont été attribuées à des promoteurs ou à des administrateurs de garderie qui ont contribué pour plus de 300 000$ à la caisse libérale».
Élu une première fois en avril 2003, Tony Tomassi avait été nommé ministre en décembre 2008.
Il peut compter sur un fonds de défense des élus de l'Assemblée nationale pour son procès. S'il perd, il sera tenu de rembourser tous les frais engagés.