«Les syndicats ne devraient pas se servir de l'argent de leurs membres pour soutenir des causes autres que celles qui touchent ces derniers», a déclaré au Soleil le député de Chauveau et ancien chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ), Gérard Deltell.
Dans le conflit opposant les associations étudiantes au gouvernement de Jean Charest, «l'enjeu, ce sont les étudiants». Or, insiste-t-il, «les syndicats ne représentent pas les étudiants».
«Eux devraient se concentrer sur la défense de leurs membres.» L'affirmation vaut d'abord et avant tout pour «la situation présente» - pour le conflit étudiant, précise l'élu. C'est que son parti d'adoption, la Coalition avenir Québec (CAQ), n'a pas statué sur ce sujet de l'utilisation des cotisations syndicales, contrairement à ce qu'avait fait l'ADQ.
Mais certains anciens adéquistes n'excluent pas que la CAQ aille un jour dans cette direction. Ils rappellent qu'au congrès de fondation, récemment, les délégués de la Coalition ont fait un «premier pas» en appuyant l'idée de passer obligatoirement par des votes secrets pour obtenir une accréditation syndicale.
L'an dernier, les militants adéquistes réunis en conseil général avaient estimé que les organisations syndicales ne doivent plus «détourner» l'argent des cotisations de leurs membres - pour reprendre le mot alors employé par Gérard Deltell. Ces fonds doivent être entièrement consacrés aux relations de travail, avaient-ils décidé.
Selon la proposition entérinée par les adéquistes, les cotisations pour les activités «à caractère politique ou idéologique» des centrales devraient être volontaires. Les syndiqués seraient donc libres d'y contribuer ou pas.
C'est à cette même réunion que l'ADQ avait fait sienne l'idée que les accréditations syndicales soient octroyées uniquement par vote secret, comme le prône désormais la CAQ.
Claudette Carbonneau était encore présidente de la CSN à ce moment-là. Elle avait accusé Gérard Deltell de vouloir «bâillonner» les syndicats, comme on le fait dans un «pays totalitaire».
Mercredi, Gérard Deltell se demandait si les leaders étudiants ne sont pas en train de se faire embrigader par tout le mouvement syndical et ses alliés traditionnels. Ils cherchent à imposer «leur agenda politique», a-t-il commenté.