Déportation de Léon Mugesera: la famille dénonce l'inaction d'Ottawa

Des proches de Léon Mugesera, dont sa femme,... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

Agrandir

Des proches de Léon Mugesera, dont sa femme, Gemma Uwamariya, et sa fille Carmen Nono, ont profité samedi du passage à Québec du ministre fédéral de l'Immigration, Jason Kenney, pour faire connaître leur mécontentement à l'égard du gouvernement canadien dans le dossier de la déportation du Rwandais.

Le Soleil, Pascal Ratthé

(Québec) Des membres de la famille de Léon Mugesera ont manifesté samedi soir à Québec devant un immeuble où s'est rendu le ministre fédéral de l'Immigration, Jason Kenney. Les proches du Québécois déporté en janvier dénoncent l'incapacité d'Ottawa de s'assurer que le Rwanda respecte ses garanties dans le dossier.

«Le gouvernement fédéral ne fait rien pour s'assurer que les garanties qu'ils ont reçues soient respectées!» a lancé samedi la fille de Léon Mugesera, Carmen Nono.

La déportation du Québécois d'origine rwandaise a eu lieu le 23 janvier, après un bras de fer juridique de plus de 16 ans avec le gouvernement fédéral. L'ancien résidant de Québec est accusé dans son pays natal d'incitation à la haine et au génocide.

Le Canada a déporté Léon Mugesera après avoir reçu des garanties du Rwanda, notamment par rapport aux droits et à la sécurité de l'accusé. Or, depuis que son père a pris l'avion pour Kigali, plus personne ne procède à aucun suivi, dénonce Carmen Nono. «Le Canada a reçu des garanties diplomatiques, et j'ai l'impression qu'il n'y a aucun membre du gouvernement qui s'occupe de faire du monitoring par rapport à ce qui se passe réellement à Kigali. Et, malheureusement, nous non plus, on ne le sait pas.»

Léon Mugesera aurait par ailleurs beaucoup de difficultés à entrer en contact avec des gens de l'extérieur. Un seul des avocats le rencontre régulièrement; tous les autres conseillers ou proches seraient refoulés par les autorités carcérales.

Communication contrôlée

La communication avec la famille semble également contrôlée par les autorités rwandaises. Les rares conversations téléphoniques entre la famille domiciliée à Québec et le prisonnier rwandais se sont déroulées avec le téléphone cellulaire du procureur général du Rwanda ou encore celui du directeur de la prison. Pour la fille de l'accusé, ce stratagème empêche de connaître les conditions réelles de détention. «Quand mon père me parle, j'ai l'impression qu'il est dans un Club Med, image Carmen Nono. Quand on lui pose des questions, il me dit que tout est bien, tout est rose, comme si je lui demandais quelle est la température qu'il fait dehors! Ce n'est pas crédible. C'est dur d'avoir la vérité avec ce genre de communication, qui est très limitée.»

Léon Mugesera a prononcé en 1992 un discours incitant à la haine, au crime contre l'humanité et au génocide, selon le procureur général du Rwanda. Peu après, il a fui au Canada. Les démarches des autorités fédérales pour l'expulser ont démarré en 1995.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer