Charest «déshonore» la fonction de premier ministre, dit Legault

Jean Charest... (La Presse, André Pichette)

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Jean Charest

La Presse, André Pichette

Jean-Marc Salvet
Le Soleil

(Victoriaville) Jean Charest a «déshonoré» la fonction de premier ministre en blaguant à la fois sur une «émeute» et des manifestants, a chargé le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, hier.

C'est en dénonçant son adversaire libéral que François Legault a mis la table au congrès de fondation de son parti, qui se déroule à Victoriaville jusqu'à ce soir.

«Est-ce que vous en connaissez beaucoup des chefs d'État qui font des blagues, alors qu'il y a une émeute à l'extérieur? C'est triste à dire, mais je pense qu'aujourd'hui [hier], le Québec n'avait pas de premier ministre.»

«Ce gars-là n'a plus la crédibilité, la légitimité pour gérer le Québec.»

François Legault entend exploiter l'affaire. Comme beaucoup d'autres, il a peu apprécié que Jean Charest dise, à propos des manifestants, qu'«on pourrait leur offrir un emploi... dans le Nord, autant que possible». Et aussi que «les gens courent de partout pour rentrer» au Salon Plan Nord, inauguré hier à Montréal.

Un «humour» que le chef caquiste juge douteux et «arrogant». Jean Charest «devrait s'excuser auprès des étudiants», a-t-il dit.

Sur les scènes d'émeute, il a dit que «la violence attire la violence». Il a pris soin de dénoncer la violence «d'un côté et de l'autre», mais en ciblant d'abord celle des manifestants.

«C'est triste de voir des jeunes, nos jeunes, avoir des gestes violents. Quand on commence à être violent, c'est normal que les policiers essaient de remettre de l'ordre.»

Sur le conflit étudiant comme tel, il dit croire que le premier ministre lui-même «devrait rapidement convoquer» la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) à des discussions.

Il espère que la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), une organisation beaucoup plus militante et politique que les autres, sera de la partie. Il exhorte le Parti québécois à faire pression sur elle.

»» Ce qu'ils ont dit

«Ce n'est pas digne d'un premier ministre. Il a manqué de jugement. C'est un conflit qui dure depuis deux mois et tout le monde est à fleur de peau. Dans ce temps-là, on essaie de lancer des messages plus rassurants.»

- Pauline Marois, chef du Parti québécois

«Des gens saignent dans la rue et la seule chose que Jean Charest offre au peuple du Québec, c'est une blague de mauvais goût.»

- Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE)

«Franchement, d'avoir autant de mépris de la part d'un premier ministre dans les circonstances actuelles, c'est insultant.»

- Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ)

«C'est insultant d'entendre notre premier ministre dire qu'il veut nous envoyer dans le Grand Nord pour lui permettre de travailler. M. Charest devrait retirer ses propos et travailler à dénouer la crise.»

- Léo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ)

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