Les libéraux envisagent des élections sur les droits de scolarité

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Le Soleil, Steve Deschênes

(Québec) Des élections générales déclenchées sur le thème du gel/dégel des droits de scolarité? L'idée commence à séduire des libéraux.

Personne n'en est vraiment là, mais cette perspective apparaît dans certaines discussions avec des libéraux - avec ceux qui pensent que le gouvernement de Jean Charest pourrait peut-être river leur clou au Parti québécois et à la Coalition avenir Québec grâce à ce dossier.

Si la situation devait se corser sur le terrain, si le bras de fer avec une partie des étudiants québécois devait se poursuivre, la question d'un déclenchement sur ce thème se posera avec plus d'acuité, a-t-on dit en substance au Soleil, mercredi.

Ce qui est sûr, à ce stade-ci, est que le premier ministre Jean Charest ne se gênerait pas pour l'aborder pendant la campagne électorale s'il convoquait les Québécois aux urnes d'ici le 24 juin. Il l'aborderait même s'il n'en faisait pas le prétexte à un déclenchement comme tel, et même si le conflit était réglé d'ici là.

Le chef libéral voudrait que les Québécois distinguent le «leadership» dont son gouvernement ferait preuve dans cette affaire - leadership qu'il opposerait à l'«opportunisme» du Parti québécois.

Les échanges à l'Assemblée nationale en ont donné un aperçu, mercredi. À ce moment-là, la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, avait déjà, à travers les journalistes, cherché à se montrer belle joueuse. Elle venait, dans le choix des mots, de tendre un peu plus la main aux étudiants, tout en restant ferme sur la hausse des droits de scolarité.

Elle refuse d'apparaître comme celle qui aura fermé la porte à toute discussion. Elle a dit qu'elle était prête à discuter de l'«accessibilité aux études supérieures», une façon plus empathique de rappeler que les prêts et bourses peuvent être ajustés, que les seuils d'admissibilité peuvent être revus.

«Je veux aujourd'hui clairement indiquer que ma porte est ouverte pour discuter de l'accessibilité aux études, plus particulièrement du régime de prêts et bourses. Ma porte est ouverte pour qu'on parle de l'aide financière aux études supérieures», a-t-elle insisté.

Line Beauchamp a par la suite plongé dans les échanges acrimonieux de la période des questions; des échanges qui valent la peine d'être exposés pour que chacun puisse soupeser la validité de cette hypothèse selon laquelle le gel/dégel pourrait être un thème de campagne.

Le «carré rouge» de Marois

Le premier ministre a relevé que la chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, arborait, comme tous les jours depuis plusieurs semaines, le «carré rouge» des étudiants. «Je veux que les Québécois le sachent. Je veux que les Québécois sachent de quel côté elle s'est campée dans toute cette histoire», a lancé Jean Charest. La question de Mme Marois portait sur... les soins aux personnes âgées.

Line Beauchamp a dénoncé le fait que les porte-parole du Parti québécois (PQ) n'ont jamais condamné certains «gestes de vandalisme, de désordre public ou de désobéissance à des décisions de tribunaux».

«Quel est le choix de la chef de l'opposition? C'est d'être gouvernée par la rue et l'opportunisme politique. Avec le Parti québécois, c'est la rue qui gouverne, c'est l'opportunisme politique. Avec le Parti libéral du Québec, c'est la démocratie, le peuple et le leadership politique.»

Pauline Marois et sa députée Marie Malavoy ont répété qu'un gouvernement du Parti québécois annulerait la hausse de 75% décrétée par les libéraux avant de convoquer un sommet sur le financement des universités.

«Aujourd'hui, nous sommes dans une impasse, a déclaré Mme Malavoy. La situation est bloquée. Les étudiants continuent à manifester dans tous les coins du Québec. La ministre demeure imperturbable. Aujourd'hui, nous lui demandons d'ouvrir le dialogue. Nous lui demandons de s'ouvrir l'esprit. Nous lui demandons de commencer à discuter. C'est elle qui est dans une logique d'affrontement. Nous voulons une logique du dialogue.»

Au Parti québécois, on ne voit pas en quoi le thème du gel ou du dégel des droits de scolarité pourrait être porteur pour les libéraux de Jean Charest.

L'opposition trouve calamiteuse la gestion des universités. Mais, à l'instar des caquistes, bien des péquistes sont par ailleurs convaincus que le chef libéral cherche à tout prix à déclencher des élections d'ici l'été. Ils trouvent qu'il y travaille très fort.

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