Élection de Mulcair: des députés s'interrogent sur la suite des événements

Devant l'élection du «lieutenant» québécois, les députés de la... (La Presse Canadienne)

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Devant l'élection du «lieutenant» québécois, les députés de la région s'interrogent sur la suite des évènements et cherchent à la fois à se donner une voix régionale et à établir des liens avec le maire Régis Labeaume, dont les relations avec M. Mulcair n'ont rien de cordiales.

La Presse Canadienne

Raymond Giroux
Le Soleil

(Toronto) L'élection de Thomas Mulcair à la direction du NPD pose un défi particulier pour les élus de Québec. Car leur «lieutenant» québécois occupe maintenant le poste de chef national du parti et son ancien poste est devenu par définition caduc.

Devant cette nouvelle situation, les députés s'interrogent sur la suite des évènements et cherchent à la fois à se donner une voix régionale et à établir des liens avec le maire Régis Labeaume, dont les relations avec M. Mulcair n'ont rien de cordiales.

Pour Anne-Marie Day, de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, «ce serait important que le caucus ait un porte-parole pour la région de Québec», dit-elle en entrevue. «Nous devrons nous pencher là-dessus avec le chef une fois qu'il sera bien installé, ajoute-t-elle. Il va falloir que les gens se coordonnent.»

Mais la réponse «viendra de la direction du parti. Nous ne sommes pas Napoléon, nous n'allons pas nous couronner nous-mêmes, prévient-elle.

La question ne se posait pas quand M. Mulcair était lieutenant pour le Québec, mais nous sommes sept élus dans la capitale nationale et il pourrait y avoir un porte-parole».

Quant à l'attitude du maire, Mme Day croit qu'il va trouver la présence de M. Mulcair intéressante, car «les deux parlent de développement. On ne peut pas passer à côté du fédéral, à Québec. J'aime Québec, M. Labeaume aime Québec et il y a des terrains d'entente extraordinaires» à explorer, dit-elle.

«Nous allons lui parler de Québec, dit-elle. Déjà nous avons demandé au parti d'établir un bilan des actions du gouvernement conservateur dans la région au plan des budgets et des projets.»

Le président du caucus et député de Rimouski, Guy Caron, demeuré neutre durant la campagne, rappelle que l'ennemi n'est pas à l'intérieur, mais en face, au parlement.

M. Caron ne cache pas que M. Mulcair devra passer du temps hors du Québec pour mieux se faire connaître et répondre aux attaques des conservateurs, mais soutient qu'il a gardé le contact avec les dossiers locaux même ces derniers mois.

«Une décision locale»

En tant que président du caucus, M. Caron relance le dossier d'un porte-parole régional dans les mains des élus de Québec. «Moi, je n'ai pas de problèmes avec cela, il s'agit d'une décision locale», dit-il.

Pour Raymond Côté, député de Beauport-Limoilou, le fardeau des mauvaises relations entre MM. Labeaume et Mulcair «retombe beaucoup plus sur nos épaules que sur celles du chef», dit-il en entrevue.

«Nous avons commencé à construire des ponts, nous avons beaucoup à offrir», dit-il en se comparant aux cinq députés conservateurs du Québec qui «n'ont pratiquement rien à offrir», selon lui.

Le premier élu à nouer des liens avec le maire, le député de Louis-Hébert, Denis Blanchette, «a beaucoup de mérite et a su profiter de très belles occasions», avance M. Côté. «Dans le fond, le maire avait besoin de nous connaître, admet-il. On arrivait de presque nulle part et je comprends très bien qu'il se demande ce que nous avons dans le corps.»

«Mais il est de l'intérêt de tout le monde d'avoir de bons contacts, nous sommes tous des élus légitimes», affirme le député.

Changements à prévoir

Annick Papillon, de son côté, ne cache pas qu'il y aura des changements, mais elle ne sait pas encore dans quelle direction ira le parti sur le dossier de la représentation locale.

«Il y aura des discussions avec le nouveau chef», dit-elle. Selon elle, M. Mulcair connaît bien «la bulle médiatique de Québec» et sait de quoi parlent ses députés locaux. Quant au maire et au nouveau chef, la députée de Québec croit qu'il faut «leur donner du temps», tout simplement.

Quant à Régis Labeaume, il s'est montré peu loquace, dimanche, au sujet de l'élection de Thomas Mulcair. «Je le félicite», s'est-il contenté d'affirmer.

Avec Samuel Auger

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