Budget Bachand: la classe moyenne «étranglée», accuse Marois

La chef de l'opposition, Pauline Marois, affirme que... (La Presse Canadienne)

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La chef de l'opposition, Pauline Marois, affirme que le gouvernement induit la population en erreur en prétendant qu'aujourd'hui les Québécois ont plus d'argent dans leurs poches qu'en 2003.

La Presse Canadienne

Jean-Marc Salvet
Le Soleil

(Québec) La classe moyenne passe à la casserole avec les trois budgets de Raymond Bachand, affirme Pauline Marois.

Le budget 2012-2013 du gouvernement du Québec «confirme qu'il n'y a que les citoyens de la classe moyenne qui sont contraints de faire plus que leur part», a fustigé la chef péquiste, mercredi.

Elle juge tronqués les chiffres avancés par le gouvernement Charest pour faire valoir que les Québécois ont plus d'argent dans leurs poches aujourd'hui qu'en 2003.

Les données sur lesquelles il s'appuie omettent plusieurs hausses, notamment celle des tarifs d'électricité, celle des permis de conduire et des immatriculations, soutient-elle.

Ces données ont aussi laissé dubitatif un fiscaliste du Mouvement Desjardins avec qui Le Soleil s'est entretenu lors de la présentation du troisième budget du ministre Raymond Bachand.

Au gouvernement, on les jure rigoureusement exactes. Les gains ont été calculés par les fonctionnaires des Finances.

Mercredi, le premier ministre Jean Charest a puisé dans un des tableaux des documents budgétaires pour en faire état à voix haute. (Les chiffres qu'il a fournis concernent des couples ayant deux enfants en CPE. Ils tiennent compte des baisses d'impôt, de la «contribution santé» de 400 $, mais aussi d'une liste paraissant non exhaustive d'augmentations de taxes.)

Le «revenu disponible» des ménages gagnant 30 000$ a crû de 40%, soit de 11 528$, d'après le chef du gouvernement. Un ménage pouvant compter sur 75 000$ par année a vu croître, lui, depuis 2003, son revenu disponible de 6255$, soit de 12%.

«Le Québec est l'un des endroits au monde qui a le mieux combattu la pauvreté, où l'écart entre les riches et les pauvres s'est rétréci», a déclaré Jean Charest.

Le premier ministre en attribue en partie le mérite au retour des allocations familiales, rebaptisées Soutien aux enfants.

Le monstre de la dette

Mais c'est le monstre de la dette, qui passera de 183 milliards $ cette année à près de 211 milliards$ en 2017, qui a le plus animé l'Assemblée nationale, mercredi.

«Pour la première fois de l'histoire du Québec, les intérêts sur la dette vont dépasser les 10 milliards$, a dit le caquiste François Bonnardel. C'est 28,5 millions$ d'intérêt par jour! C'est la face cachée de ce budget; le spectre de la dette qui guette nos enfants et nos petits-enfants.»

Le ministre des Finances a cherché à relativiser la situation. Mesuré à l'échelle du produit intérieur brut, le poids de la dette de 183 milliards$ sera de 55%, alors qu'il était de 60% en 1999.

Raymond Bachand a expliqué que la dette a crû en raison de la volonté de son gouvernement de soutenir l'économie pendant la récession, ainsi qu'en raison des investissements réalisés dans les immobilisations - dans les écoles, les hôpitaux et les infrastructures routières.

Pour lui, la meilleure façon de reprendre le contrôle de cette dette record est d'équilibrer les dépenses budgétaires annuelles, ce qui sera fait à partir 2013-2014, a-t-il assuré. Les surplus des années suivantes seront versés au Fonds des générations pour réduire la dette, a-t-il dit.

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