Le représentant de la circonscription de Borduas a enfilé les entrevues, vendredi, pour s'expliquer de la décision qu'il a communiquée sur son blogue, en matinée. Au Soleil, il a précisé que sans la controverse sur l'amphithéâtre de Québec, il serait toujours dans les rangs du PQ.
Au-delà de toute autre divergence, «cela [l'amphithéâtre] a été l'élément déclencheur», a-t-il laissé tomber. «S'il n'y avait pas eu ce conflit, je n'aurais pas quitté», a-t-il répondu. Il a ainsi fait référence à la présentation par son ex-collègue Agnès Maltais (Taschereau) d'un projet de loi, en juin, pour soustraire à d'éventuelles contestations en cour, le projet liant le maire Régis Labeaume et le pdg de Quebecor, Pierre Karl Péladeau.
«Cela mettait en cause un principe, soit le pouvoir d'un individu de connaître la vérité sur une entente entre sa ville et, dans ce cas, un promoteur. J'étais en accord avec le principe d'un amphithéâtre.
«J'étais profondément en désaccord pour que le Parti québécois soit le porteur de ce projet de loi privé qui... privait, a-t-il noté avec amusement, un individu d'un droit légitime. D'un point de vue moral et éthique, le PQ n'aurait pas dû prendre cette décision.»
Pierre Curzi a indiqué que c'est l'échec des négociations pour lui rouvrir les portes du caucus des parlementaires qui ont consacré sa décision. Il a tenu à parler des «relations très respectueuses» qu'il a eues durant ces échanges, avec son ex-chef Pauline Marois.
Requête «délicate»
L'approche a échoué sur sa demande de récupérer le rôle de porte-parole en matière linguistique. M. Curzi s'est dit «très conscient» que sa requête était «délicate», le sujet «appartenant», en chambre, maintenant, au député Yves-François Blanchette, «qui, lui, n'est pas parti». Il a aussi reconnu que si plusieurs collègues l'auraient accueilli à bras ouverts,
Il a été vague sur ce que Mme Marois lui a offert. Il aurait pu siéger au comité sur la souveraineté, mis sur pied récemment; plancher sur une révision du programme en matière de culture; et défendre au sein du PQ sa Charte sur la langue, qu'il a esquissée pour remettre à jour la version originale qui, au fil des ans, «a été tellement attaquée, démembrée, démantibulée».
Mais la condition essentielle, «c'était de se sentir utile et à l'aise». Il a nié qu'il a des remords d'avoir claqué la porte. «Les regrets sont stériles.»
Pierre Curzi est revenu à plusieurs reprises sur le dossier linguistique. Il a laissé entendre que son fait d'armes a été justement de ramener dans l'actualité la situation du français «dans la conscience collective».
Sur la sellette
Cela lui a aussi valu de se retrouver sur la sellette à quelques reprises. Par exemple, en 2008, lors du 400e anniversaire de Québec, il a provoqué une tempête médiatique en critiquant le passage de l'ex-
Beatles Paul McCartney, sur les plaines d'Abraham. «Je suis un passionné», a-t-il répondu, vendredi, tout en soulignant que «je ne crois pas que je fasse partie des gens faciles à gérer».
Toujours souverainiste, il continuera de militer en dehors du cadre partisan. Les voies de la politique étant impénétrables et imprévisibles, tenterait-il sa chance si Pauline Marois devait quitter la direction du PQ, comme il l'a suggéré, l'été dernier? «J'ai quitté le parti. Je ne réintègre pas le caucus. Je me suis situé dans un lieu difficile.»
Pierre Curzi a 65 ans. Il s'est fait connaître de la population comme interprète de rôles au cinéma, à la télévision et au théâtre. Envisage-t-il un retour comme artiste? «Je n'en sais rien», a-t-il commencé par soupirer.
Il s'est ravisé en signalant qu'avec sa compagne de vie, la comédienne Marie Tifo, il a monté un spectacle. Les quelques représentations, l'an passé, s'inspirant des échanges épistolaires entre la chanteuse Pauline Julien et l'homme de lettres et politicien Gérald Godin, tous deux décédés, ont eu, a-t-il évoqué, leur public.