«Super mardi»: Santorum grand gagnant, selon des spécialistes

Rick Santorum devant ses partisans, en Ohio. Le... (AFP)

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Rick Santorum devant ses partisans, en Ohio. Le candidat a fait une chaude lutte à Mitt Romney dans cet état, mardi soir.

AFP

Annie Mathieu
Le Soleil

(Québec) L'ancien sénateur de la Pennsylvanie, l'ultraconservateur Rick Santorum, a été le grand gagnant du Super mardi, puisqu'il a surpassé les attentes, selon des spécialistes de la politique américaine.

«Mitt Romney a consolidé son avance, Rick Santorum a surpris, Newt Gingrich a survécu, tandis que Ron Paul poursuit la course», résume le chercheur à l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), Guillaume Lavoie.

«Et même si Romney a plus de délégués, Santorum mène une lutte solide, et ce, en ayant moins d'organisation et beaucoup moins d'argent, ce qui veut dire que son rival ne peut pas l'emporter si facilement», explique M. Lavoie. On est donc loin de la grande victoire qu'un homme organisé et riche comme Romney aurait dû avoir.»

«Santorum a le vent dans les voiles et le momentum de Romney vient d'être stoppé», soutient de son côté Donald Cuccioletta, également spécialiste de la politique américaine à la Chaire Raoul-Dandurand. Selon lui, cela n'a rien de surprenant, puisque le discours de Rick Santorum est populiste, alors que celui de son adversaire correspond davantage à celui de l'élite américaine. Mitt Romney a d'ailleurs fait plusieurs faux pas à cet égard. À Détroit au Michigan, un État durement touché par le ralentissement économique lié aux problèmes qu'a connus l'industrie automobile, il s'est défini comme un homme aimant les voitures. Devant les électeurs, il a entrepris d'énumérer les modèles qu'il possédait, dont sa Cadillac et sa Mustang!

«Les Américains ont souffert lors de la crise alors pour eux, Washington, c'est l'ennemi», soutient M. Cuccioletta. Il croit d'ailleurs qu'il ne faut pas sous-estimer le nombre d'Américains qui sont sensibles au discours de la droite ultraconservatrice alors qu'un retour «vers des idées des années 1950» est observé au sud de la frontière.

«Les gros bailleurs de fonds sont en train de se dire que peut-être Santorum est désormais le cheval sur lequel il faut miser», affirme par ailleurs le politologue.

Gingrich: fin de parcours?

Quant à Newt Gingrich, les deux spécialistes estiment que même s'il tient bon, il pourrait dans un avenir plus ou moins rapproché se retirer de la course. «Il lui reste peut-être deux ou trois semaines», affirme M. Cuccioletta. Selon lui, Rick Santorum sera le premier à bénéficier de ce désistement. Toutefois, Guillaume Lavoie croit que, puisque Newt Gingrich n'a plus rien à perdre, il pourrait être dangereux pour ses adversaires et multiplier les coups en dessous de la ceinture.

Dans tous les cas, Mitt Romney n'est pas au bout de ses peines, analyse le chercheur. Les prochaines primaires se tiendront dans des États du sud, une clientèle qui n'est pas gagnée d'avance pour le candidat le plus modéré. «Il devrait quand même gagner la course à l'investiture républicaine, mais de justesse», prédit Guillaume Lavoie.

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