«Le gouvernement avait promis qu'on verrait les plans du futur Manège militaire de Québec à l'automne 2011. Ces plans sont prêts, mais le Conseil privé du premier ministre refuse de les publier», a déploré mardi, à la Chambre des communes, la députée néo-démocrate de Québec Annick Papillon. Elle se faisait l'écho de révélations du Soleil publiées lundi. Nous indiquions alors que Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (TPSGC) a en main, depuis des mois, un document d'environ 70 pages détaillant différents scénarios pour la renaissance du Manège. Le ministère du chef conservateur Stephen Harper est toutefois intervenu pour nous bloquer l'accès à ces projets architecturaux.
«Les conservateurs refusent de nous confirmer l'échéancier du projet, a ajouté Mme Papillon au cours de la période des questions parlementaire. Ils refusent de nous dire combien ça va coûter au total et combien ça a coûté jusqu'ici. Bref, c'est encore une fois la loi du silence. Que veulent cacher les conservateurs? Le gouvernement conservateur peut-il nous dire combien ça va coûter? Pourquoi un tel manque de transparence?»
Jointe par téléphone à sa sortie de la Chambre, la députée Papillon refuse néanmoins de s'afficher pour ou contre la reconstruction du bâtiment. «[Avant de trancher], on attend de voir comment tout ça s'orchestre. Les contribuables ont le droit de savoir comment tout ça va être dépensé. S'ils n'ont rien à cacher, [les conservateurs] devraient publier, sinon ça nous permet de penser qu'il y a quelque chose qui cloche.»
«Je sais qu'il y a beaucoup d'intérêt pour ce projet à Québec pour une bonne raison, c'est un de nos trésors historiques au Canada», a répliqué la ministre de TPSGC, Rona Ambrose. «Nous sommes très excités par la rénovation et la réhabilitation du Manège et je demande à [Mme Papillon] d'être patiente. Nous rendrons publics les détails du projet très bientôt.»
La Ville en attente
La mairie de la capitale a aussi hâte d'être éclairée. «Comme tout le monde, on attend. C'est un dossier qui était mené par [l'ancienne ministre] Mme Josée Verner sur lequel on n'a pas eu beaucoup de communication depuis», note Paul-Christian Nolin, l'attaché de presse de Régis Labeaume. «On attend, nous aussi, que les choses avancent.»
«Les gens voudraient que ce soit déjà fait, mais on savait que ce serait long parce que l'immeuble a été très atteint, même le mortier entre les pierres... Il va y avoir beaucoup de travail à faire», remarque-t-il. «On s'était fait dire que ça pouvait prendre un peu de temps parce que c'est un bâtiment qui a des particularités, et l'incendie l'a rendu assez fragile. On comprend que les délais puissent être longs. On continue d'espérer.»
La résidence historique des Voltigeurs de Québec a été dévorée par le feu en avril 2008. Le plus ancien régiment canadien-français, qui célèbre aujourd'hui son 150e anniversaire, est relogé dans le secteur commercial et industriel du boulevard Pierre-Bertrand.
Seuls les murs extérieurs du Manège militaire sont toujours au garde-à-vous. Depuis l'incendie, au moins 11,1 millions$ ont été investis dans les ruines pour des travaux de consolidation et d'entretien divers.
Durant l'été dernier, la firme d'architectes en consortium Arcop/DFS/STGM a reçu quelque 68 000 $ pour la préparation des croquis de différents scénarios pour la reconstruction du Manège militaire de Québec. Une fois que le gouvernement aura choisi un concept, le groupe empochera quelque 7,1 millions$ pour développer les plans et devis puis assurer la surveillance du chantier, selon TPSGC.
Mardi soir, le porte-parole du ministère fédéral, Sébastien Bois, répétait que «les concepts sont toujours sous étude».
Le cabinet de la ministre Rona Ambrose n'a pas voulu donner plus de détails.