«Rien n'a bougé du côté des traitements», a lancé Lacoste, visiblement épuisé, hier soir, lors d'un entretien téléphonique. «On m'a encore fait des évaluations, notamment du point de vue psychiatrique, mais je ne suis toujours pas traité pour mes problèmes de santé reliés à mon exposition à l'uranium appauvri.»
L'ex-soldat dit d'ailleurs que sa santé continue d'être chancelante et qu'il a éprouvé d'autres problèmes tout récemment. Il dit craindre de mourir à tout moment. Il aurait pris un rendez-vous auprès d'un établissement en Nouvelle-Écosse qui traiterait les gens qui ont des problèmes de santé comme lui, mais une formalité administrative ferait en sorte qu'il devrait attendre une année avant d'y être admis.
Pourtant, quand il a cessé sa grève de la faim en novembre dernier à la demande du ministre des Anciens Combattants, Steven Blaney, il croyait s'être entendu avec ce dernier pour qu'il puisse être soigné dans les plus brefs délais.
Devant cette attente interminable pour lui, il vient tout juste d'écrire une lettre au ministre Blaney, dans laquelle il dénonce tous les délais auxquels il est toujours confronté. Il est aussi frustré que ses demandes d'aide financière envoyées au ministère des Anciens Combattants soient toujours refusées.
«Monsieur le ministre pendant que vos fonctionnaires [étudient] mon dossier, moi, je meurs, a-t-il écrit au ministre. Il me reste moins d'un an. Je vous jure que je vais mourir devant votre bureau si je n'ai pas de soins. Je n'ai plus rien à perdre. Surtout, je n'ai plus de temps à perdre si je veux survivre. Allez-vous me laisser mourir?»
Manque de transparence
M. Lacoste dit aussi avoir beaucoup de difficulté à trouver de l'information sur le comité qui a été créé par le gouvernement fédéral afin d'étudier l'impact de l'uranium appauvri sur la santé des soldats canadiens. Il dénonce ce manque de transparence.
«Avec la députée du NPD [Nouveau Parti démocratique] Annick Papillon, nous essayons d'en savoir plus, qui siège sur ce comité, mais on ne nous dit rien.»
M. Lacoste assure qu'il ne pourra plus faire de grève de la faim pour faire bouger le gouvernement et il compte donc faire passer son message dans les médias.
«Je vais mourir si je fais une autre grève de la faim, lance-t-il. Je vais donc me battre avec l'opinion publique.»