Le gouvernement Harper a annoncé cet été la centralisation du traitement des deman-des d'assurance emploi dans 22 mégacentres plutôt que les 120 bureaux actuels. Les activités autrefois effectuées à Rimouski seront transférées au Centre de Service Canada de Thetford Mines, situé dans un immeuble du boulevard Frontenac appartenant à une entreprise dont le principal actionnaire est Me Ghislain Dionne, un associé du père du ministre et ex-associé du ministre.
«C'est complètement farfelu de parler de conflit d'intérêts parce que le centre d'assurance emploi de Thetford Mines est situé dans cet édifice depuis 2007 et que le déménagement s'était alors fait selon un processus ouvert et transparent. Il n'y avait eu aucune ingérence à l'époque et il n'y en a pas eu non plus cette fois», a déclaré le ministre Paradis en entrevue téléphonique au Soleil.
«Que Me Dionne soit l'un des actionnaires du bâtiment n'a rien à voir dans la décision. Quand j'ai appris qu'il y aurait relocalisation, je me suis contenté de dire à la ministre des Ressources humaines, Diane Finley, qu'on avait un bon centre à Thetford Mines et que j'espérais qu'il soit considéré à parts égales avec les autres. Je ne suis pas allé plus loin que ça, il n'y a eu aucune pression politique», poursuit-il, précisant que des critères comme la disponibilité de la main-d'oeuvre et le bilinguisme avaient pesé dans la balance.
Pas certain
D'ailleurs, Christian Paradis a ajouté qu'il n'était même pas certain que ce serait bel et bien dans le bâtiment du boulevard Frontenac que seraient centralisées les opérations à Thetford Mines. «Ce sera à Thetford Mines, mais je ne peux ni confirmer ni infirmer que c'est dans ce bâtiment-là que ça se fera. Ce sera géré à l'interne», a-t-il poursuivi.
Il est allé plus loin en qualifiant d'insulte à ses électeurs les déclarations du député néo-démocrate de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, Guy Caron, qui qualifiait la relocalisation d'exercice de favoritisme et de conflit d'intérêts.
«Moi, je suis capable de prendre des claques dans la face, car ça fait partie de ma job. Par contre, dire ça revient aussi à dire que Thetford Mines serait une sous-classe et à remettre en doute la compétence des employés de notre centre d'assurance emploi», poursuit-il.
«Est-ce que je vais m'empêcher de prêcher pour ma région juste parce que l'édifice où est situé notre centre d'assurance emploi appartient à une compagnie dont un associé de mon père est actionnaire? Voyons! Moi, je suis avant tout un député et je crois à Thetford Mines, je me bats contre l'exode des jeunes et je me réjouis de la création d'emplois ici. On se demande trop souvent "Pourquoi Thetford?", alors que moi je dis plutôt "Pourquoi pas Thetford?"»
De son côté, le député Guy Caron réitérait hier à La Presse Canadienne ses accusations de favoritisme. «Il n'y avait aucune raison valable pour déménager le bureau à Thetford Mines, sinon le patronage. Et si un proche de M. Paradis avec qui il a travaillé, qui travaille toujours avec son père, bénéficie directement de cette aide, pour nous, ça mérite une enquête de la part du commissaire à l'éthique.»