Elle ne sera pas candidate aux prochaines élections générales, mais un retour au bercail - même bref - serait considéré par beaucoup comme un sérieux coup de pouce à Pauline Marois. La chef rallierait alors une figure marquante du PQ.
«Vous pouvez dire que je n'exclus pas cette possibilité, que je suis en réflexion», a déclaré Louise Beaudoin en entrevue au Soleil, jeudi. Elle mène cette réflexion «en liaison» avec les électeurs de sa circonscription.
Si cette possibilité se concrétisait, Louise Beaudoin irait rejoindre ses collègues péquistes pendant quelques semaines ou quelques mois - jusqu'à ce que le premier ministre Jean Charest convoque les Québécois aux urnes. Car sa décision de ne pas se représenter aux prochaines élections générales est «irrévocable».
Elle quittera la vie politique active au terme de ce mandat.
La députée de Rosemont estime que le Parti québécois a changé depuis qu'elle lui a tourné le dos en juin, en compagnie de ses collègues Pierre Curzi et Lisette Lapointe. Ils ont été suivis par Jean-Martin Aussant, qui a fondé Option nationale.
Louise Beaudoin trouve le PQ plus volontaire et plus clair sur la question de la souveraineté. La création récente du Comité sur la souveraineté en est une preuve, a-t-elle dit au Soleil.
Elle se félicite des résolutions adoptées au conseil national de janvier, et de décisions prises par le PQ auparavant. Elle cite les référendums d'initiative populaire et la possibilité de voter librement au sein de la députation, ce qui lui fait dire que l'épisode du projet de loi 204 sur l'amphithéâtre de Québec «ne se reproduirait plus». Elle cite aussi «les élections à date fixe», le financement des partis politiques plafonné à 100$ et la création d'un poste de «directeur parlementaire du budget».
«Tout ça, c'est à mettre au crédit du Parti québécois», affirme-t-elle.
Plus tard, en point de presse, Louise Beaudoin a exprimé l'idée que rien n'est parfait dans la vie, mais que, s'agissant du PQ, elle préférait voir le verre à «moitié plein» plutôt qu'à «moitié vide».
Pierre Curzi aussi...
À cette conférence de presse, où il était question de la mine d'amiante Jeffrey, l'indépendant Pierre Curzi a parlé comme une personne qui pourrait aussi retourner au Parti québécois. Il y songerait très sérieusement.
«Les termes indépendance et souveraineté sont redevenus des mots possibles dans la bouche de plusieurs péquistes. Les démissionnaires péquistes de juin ont forcé le PQ à avancer.»
Pierre Curzi s'est dit heureux de voir le Parti québécois en avance dans les sondages: «Je ne peux pas ne pas me réjouir que le parti qui incarne l'option à laquelle nous croyons tous, celle de l'indépendance, soit dans l'état d'affronter les prochaines élections.»
Lapointe et Aussant
À en juger par les mots qu'elle a employés, la députée indépendante Lisette Lapointe ne paraît pas du tout avoir envie, elle, de retourner au bercail.
À ses yeux, le PQ n'en fait pas assez sur le front de la souveraineté. Elle doute d'ailleurs de l'efficacité du Comité sur la souveraineté.
«Pour le moment, c'est une belle annonce; des personnes intéressantes. Mais, bon, il n'y a pas d'échéancier. Est-ce qu'elles ont des ressources pour être capables vraiment de faire les choses? Parce que ce n'est pas se réunir le dimanche matin aux trois semaines, là , qui peut faire avancer les choses.» Mme Lapointe annoncera dans deux semaines où elle loge, et si elle restera en politique.
Pour Jean-Martin Aussant, la question d'un retour au PQ ne se pose absolument pas. «Ce qui m'a fait quitter en juin est encore en place en ce moment. Le message du "peut-être" ne me convenait pas pour la souveraineté, et c'est encore le même message qui prévaut au PQ.»
Option nationale, la nouvelle formation politique qu'il dirige, tiendra son congrès de fondation demain.