Composé d'une dizaine de groupes représentant plusieurs milliers de personnes, le Réseau de vigilance de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine joint ainsi sa voix à celle de la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation, un mouvement national qui a manifesté à Montréal jeudi.
Le Réseau de vigilance et la Coalition proposent au gouvernement Charest de choisir un train de mesures qui pourraient rapporter 9 milliards$ dans les coffres de l'État, amplement, disent-ils, pour éviter l'imposition de la taxe santé, la hausse des droits de scolarité et des tarifs d'électricité.
Prenant l'exemple de la taxe santé, Marie-Thérèse Forest, de la Table de concertation des groupes de femmes Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, affirme qu'il est aberrant de constater que les riches paient le même montant que les pauvres. «On paie la taxe santé quand on gagne plus de 14 000 $. Si vous gagnez 14 001 $, vous payez le même montant que Pierre Karl Péladeau!»
«C'est un impôt régressif, alors qu'il devrait être progressif [...]. L'impôt régressif est un recul social. Il devrait être en proportion du revenu gagné», assure de son côté Geneviève Roussy, du Syndicat des travailleurs de l'éducation de l'Est-du-Québec.
Gaspésie pénalisée
Elle pourfend du même souffle la hausse des droits de scolarité. «Le coût du baccalauréat passera de 6504 $ à 11 379 $ en cinq ans. C'est une hausse de 75 %. L'effet sera de décourager les enfants des familles plus pauvres de poursuivre leurs études.»
Marie-Thérèse Forest rappelle en outre que les femmes et les familles de la Gaspésie, où il n'y a pas d'université, sortiront doublement perdantes de cette hausse des droits de scolarité, «parce qu'il faut aussi payer l'hébergement, les repas et les frais de déplacement».
Cindy Delarosbil, qui travaille dans un comptoir de dépannage alimentaire à Paspébiac, constate l'érosion du budget des gens. «La pauvreté augmente. Il y a de plus en plus de demande dans les comptoirs alimentaires, et elle touche de plus en plus des travailleurs, pas seulement des gens sur l'aide sociale.»
Les solutions de rechange existent pourtant, signalent les porte-parole. L'ajout d'un seul palier d'imposition pour les gens déclarant des revenus supérieurs rapporterait 950 millions$ à l'État. Une modulation des taxes à la consommation selon les biens achetés pourrait aussi générer des revenus de 745 millions$.
Une révision de la fiscalité des entreprises rapporterait 1,4 milliard$ annuellement, tandis que l'adoption de mesures de contrôle du coût des médicaments entraînerait une épargne de 1 milliard$.
Le Réseau demande aux députés Georges Mamelonet, de Gaspé, Germain Chevarie, des Îles-de-la-Madeleine, et Damien Arsenault, de Bonaventure, de commenter leurs propositions d'ici le budget de mars.